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Un vaccin sème la controverse chez les groupes de femmes

Julie Roy par Julie Roy
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Article mis en ligne le 30 avril 2008 à 16:23
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Un vaccin sème la controverse chez les groupes de femmes
À compter du 1er septembre, un vaccin contre le virus du papillome humain (VPH) s’ajoute au calendrier de vaccination québécois. Ce vaccin qui sera offert gratuitement à l’école à toutes les filles de la 4e année du primaire ainsi qu’aux filles de 3e secondaire, a pour but de protéger les femmes contre le cancer de l’utérus et les condylomes. Si d’un premier regard ce vaccin peut sembler une bonne nouvelle, il sème la controverse chez les groupes de femmes dans l’ensemble du Québec.
Plusieurs groupes de femmes et de jeunes sont déçus que le gouvernement aille de l’avant avec ce vaccin, car, même s’il protège contre le VPH, qui se transmet pendant une activité sexuelle, avec ou sans pénétration, il n’a aucun effet sur les autres infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS). « Nous déplorons que le gouvernement ait choisi d’investir dans un vaccin nouveau et très coûteux, selon des modalités qui sont toujours sous études, plutôt que de miser sur des stratégies de prévention plus vaste en matière de santé sexuelle », mentionne Lydya Assayag, directrice du Réseau québécois d’action pour la santé des femmes. La Table de concertation des groupes de femmes de Lanaudière (TCGFL) appuie également ces revendications et déplore aussi le fait qu’aucune somme n’est prévue pour mettre en place une campagne d’éducation sexuelle. « Ce vaccin ne sert à rien s’il n’est pas accompagné d’une campagne d’éducation.», mentionne Francine Rivest, coordonnatrice à la TCGFL.

Les groupes de femmes comprennent mal cet empressement du gouvernement, d’autant plus que le nombre de cas et la mortalité liée au cancer du col de l’utérus ne cesseraient de diminuer depuis les dernières années. Par ailleurs, même vaccinées, les femmes devront recourir au test Pap puisque le vaccin ne protège pas contre toutes les formes de cancers du col. « Nous déplorons l’absence d’information critique sur le VPH et le vaccin. Les informations qui circulent sur le VPH insistent davantage sur le taux d’incidence élevé de l’infection par le VPH que sur le fait que cette infection sera sans conséquence pour 90 % des personnes infectées qui élimineront naturellement le virus au bout de deux ans », Abby Lippman, professeure en épidémiologie à l’Université McGill.

Selon Céline Morin, directrice du Regroupement des maisons de jeunes du Québec, cette campagne renforce les stéréotypes en matière de sexualité en laissant encore une fois l’éducation sexuelle et les responsabilités des garçons de côté et en laissant incomber toute la responsabilité sur les jeunes filles. « Il est urgent de miser sur l’éducation et la prévention, et de remettre à l’ordre du jour du programme scolaire des activités d’éducation sexuelle permettant, entre autres, de sensibiliser aussi bien les garçons que les filles à ces aspects de leur santé sexuelle. »

<@S2> JR

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