Manifestation contre la carrière: le message est clair
À Saint-Calixte
«Pas de carrière. Pas de poussière.» Le message est clair. Pancarte à la main, les citoyens de Chertsey, Rawdon et Saint-Calixte ont parlé d’une seule voix, lors de la manifestation du 26 avril dernier. Personne ne veut du projet de Ciment Québec.
Plus de 150 personnes ont exprimé leur opposition au projet de carrière en marchant dans les rues de Saint-Calixte. «La carrière, pas dans ma cour», «Allez, oust, polluez plus loin», «Protégeons la faune et nos lacs», les affiches témoignaient d’un mécontentement généralisé.
«On s’attaque à la grosse machine que représente le gouvernement. On ne lâchera pas», a assuré Johanne Venne de Rawdon. Celle-ci a recueilli pas moins de 250 signatures contre la carrière dans le secteur du lac Huard.
Suzanne Martel Sauvé de Chertsey a abondé dans le même sens. Dans cette municipalité, plus de 2 442 citoyens ont signifié leur opposition au projet en signant la pétition.
«Notre conseil municipal est avec nous pour bloquer le projet de carrière», a-t-elle fait valoir.
À Saint-Calixte, le nombre de signataires s’élève à 1 200 personnes. Là aussi, les citoyens sont unanimes. Des pancartes sur lesquelles on peut lire «pas de carrière dans ma cour» ont été installées aux quatre coins de la municipalité.
Les conseillers municipaux de Saint-Calixte, Mario Bellerose, Clément Charest et Rollande Leclerc ont pris part à la manifestation. Le maire de la municipalité, Martin Saint-Pierre, a lui aussi fait acte de présence.
«Il y a un an, on nous parlait d’un projet de sablière artisanale. Maintenant, c’est une carrière. Je suis tout à fait contre le projet de carrière à Saint-Calixte», a-t-il indiqué.
Plusieurs citoyens estiment que le conseil municipal aurait dû prendre les choses en main, il y a déjà bien longtemps. Pour M. Saint-Pierre, il s’agit d’un problème de perception du dossier. «Nous avons été mal conseillés. Le conseil municipal n’est pas d’accord avec le projet et on est loin de négocier avec Ciment Québec pour des mesures d’atténuation», a-t-il soutenu.
L’impact de l’implantation d’une carrière sur l’environnement, sur le paysage, sur la valeur des maisons, sur la sécurité, sur la tranquillité, sur le développement économique et sur les infrastructures routières sont des éléments qui inquiètent les gens.
Les propriétaires de Ski Montcalm, situé à Rawdon, sont directement touchés par ce projet. «C’est catastrophique. On est à caractère touristique. Ski Montcalm représente un investissement de 38 ans de notre vie», a soutenu Diane Rivest. Selon elle, l’entreprise accueille plus de 42 000 visiteurs pas année. La mise en place d’une carrière à proximité n’a rien de rassurant.
Rien de rassurant non plus pour les familles qui habitent le secteur visé par Ciment Québec. «Ça ne m’intéresse pas d’avoir de la poussière dans ma piscine. Je suis totalement contre le projet», a assuré Chantal Zakrzewski, de Saint-Calixte.
Sébastien Hubert et Marie-Claude Côté de Rawdon dénoncent eux aussi le projet. «On a de jeunes enfants. La circulation de camions lourds nous pousse à craindre pour leur sécurité. Est-ce la qualité de vie qu’on veut leur offrir?», a indiqué Mme Côté.
Sensibilisés à la problématique, les députés François Legault, Claude Cousineau et Roger Gaudet, tous présents à la manifestation, ont assuré leur appui à la population.
«La seule façon de faire bouger le gouvernement, c’est de lui montrer qu’on ne veut pas de carrière. J’ai dit à Lyne Beauchamp, ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, qu’on ne veut pas de carrière. On n’en veut pas parce qu’on a déjà assez de problèmes avec celles qui existent déjà. Ce n’est pas bon pour l’environnement et c’est dangereux pour la sécurité des enfants», a soutenu le député de Rousseau, François Legault.
Le député de Bertrand, Claude Cousineau, a lui aussi rencontré Mme Beauchamp à ce sujet. «Je lui remettrai une pétition prochainement. On va talonner les ministres de l’Environnement, des Transports et des Richesses naturelles. Nous serons vos porte-parole»,a-t-il fait valoir.
Bien que le dossier soit de juridiction provinciale, le député de Montcalm, Roger Gaudet, a tenu à manifester son soutien aux citoyens. Il a lui-même signé la pétition lancée à Saint-Calixte.
Les manifestants espèrent que leurs initiatives porteront fruit et que Ciment Québec n’obtiendra pas le certificat d’autorisation pour lancer son projet.
Ils sont décidés et n’écartent pas la possibilité d’organiser d’autres rassemblements.