Récession, quelle récession ?
On entend beaucoup parler de la récession qui frappe nos voisins américains depuis déjà quelques mois. Étonnamment, notre économie tire toujours bien son épingle du jeu et la croissance est encore au rendez-vous.
Au cours de la dernière année, la crise hypothécaire aux États-Unis et la faiblesse du dollar américain ont quand même eu des effets sur nos entreprises manufacturières, les consommateurs américains diminuant leurs dépenses de consommation. On a donc assisté à quelques fermetures. Ainsi, des entreprises telles que Jalade, Louisiana Pacific, Scierie Saint-Michel et Entreprises Michel Corbeil de Saint-Lin sont disparues et les emplois aussi.
Ces contre-performances surtout dans l'entreprise manufacturière et la foresterie n'ont toutefois pas été suffisantes pour enrayer la croissance. La preuve, c'est que le taux d'activité dans Lanaudière a augmenté de 2,3 % en 2007.Le secteur de l'alimentation et surtout celui des services ont largement compensé les pertes encourues dans d'autres secteurs.
Les taux d'intérêt relativement bas, les nombreux projets d'infrastructure et les baisses d'impôt qui donneront lieu à des remboursements ce printemps, sont autant de facteurs qui contribueront à maintenir, sinon accentuer la croissance.
Le gouvernement Harper a diminué les impôts en octobre dernier et le gouvernement Charest a lui aussi baissé les impôts d'un milliard de dollars. Le plus beau c'est qu'étant minoritaires, les deux paliers de gouvernement hésitent à prendre d'une main ce qu'ils ont donné de l'autre. Pour une fois, les hausses des tarifs ne sont pas au menu!
En plus, Québec a lancé un vaste programme d'investissement dans les infrastructures. C'est 30 milliards de dollars qui seront dépensés au cours des prochaines années. Presque chaque semaine, un ministre visite Lanaudière pour annoncer un nouveau projet. Quand ce n'est pas des réfections de ponts, ce sont des équipements récréatifs à Saint-Paul et Saint-Roch-de-l'Achigan, une bibliothèque à Notre-Dame-des-Prairies, une unité de médecine familiale à Saint-Charles-Borromée, etc. La Ville de Joliette n'est pas en reste et investira 15 millions de dollars dans la rénovation du centre-ville. Et c'est sans compter, les nombreux projets industriels et commerciaux qui sont sur les tables à dessin. Les travailleurs de la construction n'ont pas à craindre le chômage.
Bien sûr, en Matawinie, la crise forestière perdure et nombre de travailleurs sont au bord de l'aide sociale. Toutefois, on peut au moins se dire qu'il est impossible de descendre plus bas. La situation ne pourrait que s'améliorer, probablement lentement, trop lentement même. On voit néanmoins quelques signes d'amélioration. Dans le classement des 200 plus grandes entreprises de Lanaudière qui sortira en kiosque le 9 mai prochain, on peut constater que la scierie Jean Riopel de Chertsey est passée de 50 à 70 employés depuis un an. Il y a du mouvement aussi dans la transformation du bois. C'est le cas de la compagnie internationale Masonite de Berthierville qui procure de l'emploi à une centaine de travailleurs de plus que l'an dernier. Cette entreprise se spécialise dans la fabrication de portes de bois.
Des mauvaises nouvelles, il y en a, mais elles touchent plus souvent nos voisins américains et l'Ontario que le Québec et la région de Lanaudière. Pour l'heure, il y a lieu d'être optimiste, le milieu de l'emploi est très actif. La semaine dernière, uniquement dans la section des offres d'emplois des petites annonces de L'Action, on pouvait dénombrer plus de 200 emplois disponibles. Du jamais vu !
À moins d'une crise pétrolière soudaine qui propulserait le prix du litre d'essence à plus de deux dollars ou d'une appréciation exagérée du dollar canadien, on peut certes penser que lorsque pourrait venir le temps d'un ralentissement, la récession américaine sera chose du passé.
André Nadeau