Gaétan Morin, préfet de la MRC Matawinie.
Photo Geneviève Blais
La MRC Matawinie dit non au projet de carrière à Saint-Zénon
«Si on autorise un projet de carrière à côté de la Pourvoirie Trudeau et du parc des Sept-Chutes, on vient de faire mourir Saint-Zénon et Saint-Michel», a soutenu le préfet de la MRC Matawinie, Gaétan Morin.
Un promoteur, dont on ne connaît pas l’identité, a demandé l’autorisation au ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) d’exploiter une carrière qui serait située au pied du parc des Sept-Chutes.
Le dossier est en cours d’analyse au ministère. Depuis plusieurs mois, la MRC Matawinie, la municipalité de Saint-Zénon et les entrepreneurs directement touchés multiplient les rencontres afin que ce projet ne voie pas le jour.
«On essaie de leur faire comprendre qu’une carrière ne peut pas cohabiter avec un développement récréotouristique. Avec les problèmes que connaît l’industrie forestière, on essaie de se donner une autre mission. Avec un projet pareil, on va tuer le marché», a soutenu Gaétan Morin.
Pour Robert Auger, copropriétaire de la Pourvoirie Trudeau, directement touchée par cet éventuel projet, l’histoire se répète. Avant que ses deux frères et lui achètent la pourvoirie, une carrière était en opération dans ce secteur.
«La pourvoirie, l’Auberge de la glacière et le Club de motoneige étaient en train de faire faillite», a-t-il indiqué.
En 1999, la famille Auger aurait préparé un plan de développement de 1,8 millions de dollars, à condition que la carrière disparaisse. Le gouvernement se serait alors engagé à vérifier la compatibilité d’un projet de carrière avec les activités récréotouristiques de la famille avant d’émettre un permis d’exploitation minière dans ce secteur.
«Nous avions alors acheté les droits de la carrière existante et l’avions fermée», a mentionné Robert Auger.
Depuis, plus de quatre millions de dollars ont été investis dans la Pourvoirie Trudeau, l’Auberge de la Glacière et le Club de motoneige. «Nous avons de 25 000 à 35 000 visiteurs par année et le parc des Sept-Chutes en a tout autant, a soutenu M. Auger. Nous vivons dans une région monoindustrielle, donc ne venez pas fermer nos entreprises récréotouristiques. Nous n’avons pas besoin de cela dans la région», a-t-il fait valoir.
Il estime que cette situation ne fait tout simplement pas de sens. «Si jamais un permis est remis, vous allez assister à la plus grande bataille qui n’a jamais été vue dans Lanaudière», a-t-il assuré.
En début d’année, plus de 1 500 citoyens ont signé une pétition contre la réalisation de ce projet. Et, la réalisation de la carrière n’aurait pas gagné en popularité depuis.
Tous les maires de la MRC Matawinie ont donné leur appui à la municipalité de Saint-Zénon. «Nous avons regardé s’il y a des façons de cohabiter, mais il n’y en a pas», a assuré le préfet.
Robert Auger partage la même opinion. «C’est l’un ou c’est l’autre. Comment peut-on intégrer des bombardements comme en Irak à un contexte de vacances?», a-t-il soutenu.
De plus, Gaétan Morin estime que le réseau routier ne permet pas d’accueillir ce type d’exploitation et que les retombées économiques liées à ce projet seraient minimes.
Relativement à ce dossier, le préfet a demandé l’appui de la Conférence régionale des élus (CRÉ) de Lanaudière, de Tourisme Lanaudière et du MRNF.
«On attend la position du ministère. Le MRNF a une très bonne oreille», a soutenu M. Morin.