La présidente de l’Association féminine d’éducation et d’action sociale de Lanaudière, Nathalie Teso Wagner, et la responsable des communications de l’organisation, Françoise Lapointe.
Photo : Élise Brouillette
Pour ne pas rouvrir la porte au débat clos sur l’avortement
L’Afeas s’oppose au projet de loi fédéral C-484
En reconnaissant comme une infraction le fait de blesser ou de causer la mort d’un enfant non encore né en perpétrant une infraction, le projet de loi fédéral C-484, craint l’Association féminine d’éducation et d’action sociale (Afeas), risque de rouvrir le débat sur l’avortement.
C’est ainsi que la présidente de l’Afeas de Lanaudière, Nathalie Teso Wagner, a déclaré au Journal que l’organisation ne pourrait jamais se positionner en faveur d’un tel projet de loi. Si les défenseurs de ce projet affirment ne pas vouloir s’attaquer à l’avortement, mais plutôt mieux protéger les femmes enceintes, son éventuelle adoption ouvre une brèche, selon l’Afeas, afin de modifier la définition d’un être humain et conférer un statut juridique au fœtus.
« Ce projet de loi joue avec les sentiments des gens. En reconnaissant les droits d’un fœtus, tout ce qui l’entoure se retrouve toutefois criminalisé. »
L’Afeas souhaite à tout prix éviter de rouvrir le débat sur l’avortement. « On veut conserver ce droit qui a été acquis avec difficulté et souffrance. » Dans les causes où la Cour suprême du Canada a dû trancher dans des cas où il y a eu tentative de faire reconnaître des droits au fœtus, celle-ci aurait stipulé que le « fœtus est indissociable de sa mère et qu’il n’a pas de personnalité juridique », rappelle l’Afeas. Les groupes anti-choix se réjouiraient aussi que ce projet de loi constitue un premier pas vers la reconnaissance des droits du fœtus et la recriminalisation de l’avortement, a soutenu la présidente de l’Afeas régionale.
La condition féminine étant de compétence provinciale, Nathalie Teso Wagner a noté qu’il est important, pour l’association, d’obtenir notamment le soutien des députés provinciaux de la région. « Le député du Bloc québécois dans Joliette, Pierre Paquette, est le seul dont nous ayons une prise de position. »
« Le débat sur l’avortement revient constamment, il faut être vigilant et ne pas l’accepter, le débat est complètement clos. » Pour Nathalie Teso Wagner, ce projet de loi est une occasion de réveiller les femmes au fait qu’il n’existe aucun réel acquis dans les droits qui leur sont accordés. L’Afeas désire obtenir le soutien du plus grand nombre d’organismes possible dans cette opposition au projet de loi C-484.
Oui à l’étiquetage des OGM
L’Afeas, a indiqué Nathalie Teso Wagner, donne son appuie au projet de loi sur l’étiquetage des organismes génétiquement modifiés. « Avec l’étiquetage des OGM, chacun aura la liberté de faire des choix éclairés. »
La présidente de l’Afeas de la région rappelle que l’organisation lutte pour les droits de la femme et de la famille et pour tout ce qui peut favoriser leur bien-être et leur garantir un avenir décent.
« C’est raisonnable et honnête d’informer la population et de les respecter dans leurs choix. »