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Le millet perlé pour la production d’éthanol et la protection des terres agricoles

Article mis en ligne le 8 avril 2008 à 16:16
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Le millet perlé pour la production d’éthanol et la protection des terres agricoles
Le millet perlé pour la production d’éthanol et la protection des terres agricoles
Avec la flambée du prix du pétrole, la demande en biocarburant ne cesse d’augmenter. En conséquence, on remarque une importante augmentation des superficies ensemencées en maïs grain pour la production d’éthanol, ce qui entraîne une forte pression sur les terres agricoles. La pratique répétée de cette culture mène à l’appauvrissement du sol en certains éléments nutritifs et favorise le développement de maladies et d’organismes nuisibles. L’utilisation du maïs à des fins énergétiques exerce une pression à la hausse sur le coût des denrées de première nécessité. D’autres plantes pourraient avantageusement remplacer le maïs pour la production d’éthanol, notamment le millet perlé sucré. L’intégration de cette culture dans les rotations pourrait procurer des avantages agronomiques et environnementaux aux producteurs de pommes de terre, de bovins et de grandes cultures.
Caractéristiques du millet perlé
Le millet perlé est une graminée annuelle pourvue d’une grande efficacité photosynthétique (plante en C4). Il se distingue des autres céréales par sa résistance aux conditions de sécheresse et ses performances sur des sols sableux, de faible fertilité et à des pH acides. Il est également très efficace pour réduire les populations du nématode des lésions lorsque cultivé en rotation avec des cultures sensibles, telle que la pomme de terre. Comme la région de Lanaudière se classe parmi les régions les plus importantes au Québec pour la production de pommes de terre avec 3 923 hectares, soit 20,4 % des superficies québécoises, elle pourrait très bien se prêter à cette culture.
Culture à haut potentiel pour la production d’éthanol
Depuis un peu plus d’une dizaine d’années, des hybrides de millet perlé grain et fourrager sont disponibles pour les conditions de l’est de l’Ontario et du Québec. Un nouvel hybride de millet, soit le millet perlé sucré, est présentement à l’étude. Ce dernier présente beaucoup d’intérêt pour la filière énergétique puisqu’il s’agit d’une culture fourragère annuelle produisant une très grande biomasse (15 t/ha de matière sèche). La sève contenue dans les tiges peut présenter une teneur moyenne en sucres de 16 %. Une fois extraite par pressage des tiges, la sève peut facilement être transformée en éthanol au moyen d’une fermentation. Selon des essais préliminaires réalisés par le Centre de recherche et de développement technologique agricole de l’Outaouais (CREDETAO) et par le MAPAQ, le millet perlé sucré pourrait produire un rendement en éthanol au moins équivalent à celui obtenu à partir de 8,5 t/ha de maïs grain. Les tiges pressées pourraient être utilisées pour l’alimentation des bovins de boucherie ou tout simplement retournées au sol pour enrichir le profil cultural en matière organique.
Avantages agronomiques et environnementaux
Certains producteurs de pommes de terre de la région de Lanaudière ont déjà intégré le millet perlé fourrager à leurs rotations pour contrôler le nématode des lésions. La plupart font une coupe en août, le laissent au sol et l’enfouissent complètement quelques semaines plus tard. En réduisant les populations du nématode des lésions, le millet perlé représente une alternative saine à la fumigation, ce qui permet de réduire les coûts de production et les impacts sur l’environnement. Le millet perlé permet d’augmenter les rendements de pommes de terre l’année suivant son introduction. Comme les sols où se cultivent les pommes de terre sont souvent déficitaires en matière organique, cette culture contribue à améliorer leur qualité en apportant une quantité importante de résidus. La culture du millet perlé sucré amènerait un nouveau débouché (l’éthanol).

Pour les producteurs de bovins, la culture du millet perlé sucré permettrait de diversifier les revenus (éthanol et affouragement des bovins) et pourrait très bien recevoir les engrais de ferme. Pour les producteurs de grandes cultures, le millet perlé sucré permettrait de diversifier leurs rotations et leurs sources de revenus. De plus, comme cette plante se cultive sur des rangs espacés de 18 cm, elle assure une bonne couverture du sol tout au long de la saison de croissance, mais également suivant la récolte, à l’automne, par les résidus laissés au sol et les repousses. Les sols pourvus d’une bonne couverture végétale et comportant des agrégats stables sont moins sujets à l’érosion hydrique et éolienne. Cela permet notamment d’éviter le déplacement du phosphore vers les plans d’eau et leur dégradation éventuelle.

Les semences de millet perlé sucré ne sont pas encore produites à grande échelle pour distribution aux producteurs. Par contre, les recherches sont en cours, restez à l’affût. Dans quelques années, pourrons-nous voir le millet perlé sucré dans le paysage lanaudois? Pour obtenir plus ample information, vous pouvez me joindre au 1 800 810-5781, poste 278.

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