Le semis direct, est-ce bon pour moi?
Quelques producteurs sont tentés par la technique du semis direct en grandes cultures à cause de l’augmentation des coûts de l’énergie. Ils ont constaté que certains, qui le pratiquent depuis 4 à 5 années, ne se sont pas cassé le cou et sont toujours en activité, mais le semis direct, est-ce vraiment une bonne affaire?
Oui, si vous voulez réduire le coût des travaux, diminuer la durée et les dépenses de carburant, si vos champs sont en bonnes conditions (égouttement, pH, fertilité de base (P, K, Ca, Mg)), si vous êtes prêts à faire des rotations et si vous ne désirez pas pratiquer l’agriculture biologique. Dans la plupart des cas, mais pas toujours, s’il y a présence de jeunes mauvaises herbes, vous devez faire un passage d’herbicides juste avant le semis ou peu de temps après. Cette technique, communément appelé «brûlage», est surtout utilisée pour le maïs et le soya, moins pour les petites céréales.
Comparaison de quatre systèmes de travail du sol pour la culture du maïs-grain et du soya
En regardant le tableau, nous remarquons que le semis direct par rapport au labour génère de deux à trois fois moins de dépenses, nécessite deux fois moins d’investissement et de trois à quatre fois moins de temps et de carburant
Le coût du carburant a été fixé à 0,45 $/l (prix 2004) dans la ligne 1, mais nous savons qu’en 2005, il a grimpé jusqu’à 0,65 $ à 0,70 $/l. Il atteint maintenant 0,90$/l, soit deux fois le prix de 2004.
En 2004, pour le maïs-grain, la différence du coût des travaux entre le système conventionnel et le semis direct a été de 87$/ha. Il est maintenant à 98$/ha. Dans le soya, la différence a été de 63$/ha en 2004, elle est maintenant de 73$/ha. Multipliez ces économies par le nombre d’hectares que vous cultivez et vous serez étonnés! Concernant le coût des travaux, l’écart entre le travail conventionnel et le semis direct (maïs de 87$/ha à 98$/ha et le soya de 63$ à 73$/ha) augmente. Qui peut prédire à quel prix le litre de carburant va se stabiliser? Avec le semis direct, nous sommes moins dépendants du coût de l’énergie.
Au cours des premières années de semis direct, on observe, dans certains cas, des baisses de rendement liées le plus souvent au manque d’expérience ou à un mauvais choix du champ. Après quelques années, la situation se stabilise. Sachez que l’on peut se permettre une baisse de rendement qui équivaut à un revenu de 98$/ha dans le maïs, soit 0,5 tonne métrique/ha et à 73$/ha dans le soya, soit 0,15 tonne métrique/ha. La plupart du temps, les rendements sont égaux ou supérieurs à cause de l’amélioration des conditions du sol.
Dois-je acheter un semoir à semis direct ou faire semer?
Si l’on considère les coûts de possession et d’opération, il faut environ 200 ha de maïs pour justifier l’achat. Dans le soya ou les céréales, c’est 150 ha. Certains producteurs ont décidé de transformer leur semoir actuel pour l’adapter au semis direct. Dans ce cas, il faut en évaluer la rentabilité en calculant le coût de la transformation versus la superficie. On peut aussi semer à forfait. Dans ce cas, il est important de bien s’informer et de choisir un opérateur consciencieux.
Pour en savoir davantage, n’hésitez pas à poser des questions, visiter d’autres producteurs qui font du semis direct, assister à des conférences , etc. Vous pouvez aussi me contacter au 450 752-6848, poste 225
Source : Cultiver les profits, CDAQ, MAPAQ, janvier 2005.