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Une marche…pour la santé de vos sols

Article mis en ligne le 8 avril 2008 à 16:00
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Une marche…pour la santé de vos sols
Au cours des dernières années, plusieurs cours d’eau ont montré des signes préoccupants de détérioration à plusieurs niveaux : augmentation du nombre d’algues et de plantes aquatiques, présence de pesticides, diminution de la biodiversité, etc. Le cas le plus éloquent est sans contredit le surgissement des cyanobactéries un peu partout dans le territoire québécois. Cette détérioration de la qualité des eaux est due à l’activité humaine et implicitement à plusieurs secteurs d’activités fondamentaux, dont l’agriculture. Le modèle agricole actuel exerce effectivement des pressions non-désirées sur l’environnement. Les producteurs doivent donc innover afin de limiter les impacts négatifs de leurs activités, surtout au niveau de la conservation des sols.
Prévenir l’érosion hydrique des sols
Les importantes précipitations que nous reçues au cours de l’hiver entraîneront une fonte des neiges printanière qui risquent d’avoir des impacts sur les sols. L’érosion hydrique sera amplifiée lors du dégel. Le ruissellement des eaux risque d’entraîner des milliers de tonnes de sol vers les cours d’eau et les rivières. La prévention de l’érosion hydrique nécessite la mise en place d’une stratégie d’intervention efficace. Premièrement, il faut prévenir le détachement des particules de sol en intégrant de bonnes pratiques agricole (système de rotation, engrais verts, cultures intercalaires, cultures couvre-sol, travail du sol réduit ou semis direct, culture en rangs semés dans le sens inverse de la pente, cultures pérennes dans les pentes, etc.). Deuxièmement, il faut empêcher les particules de sol d’atteindre les cours d’eau (mise en place de bandes riveraines arbustives, avaloirs, déversoirs empierrés, protection de sorties de drainage, etc.).

Lorsque l’eau de ruissellement se dirige vers les cours d’eau, elle se concentre en un même endroit et crée des sites d’érosion ponctuels. Au Québec, plus de 80% de l’érosion hydrique survient au moment de la fonte des neiges. C’est pourquoi le printemps est le moment de prédilection pour repérer les zones problématiques.
Une marche dans les champs après le dégel
Producteurs agricoles, portez une attention toute particulière aux endroits où se produit l’érosion hydrique en bordure des cours d’eau. Sortez prendre une marche pour examiner la santé de vos sols avant que le travail du sol printanier et la végétation émergente n’effacent les traces d’érosion. Parcourez les bords de vos cours d’eau avec votre conseiller agricole, ainsi vous pourrez y observer les zones d’érosion hydrique : sorties de drainage, ravinements, fossés ou rigoles érodés. Une copie du plan de ferme vous permettra de localiser les zones problématiques et de les retrouver ultérieurement. Des indicateurs, tels des poteaux et drapeaux, pourront également être posés près des sites à réparer. Selon la nature du problème, différents aménagements hydro-agricoles pourront être planifiés et réalisées au cours de l’été et de l’automne. Les mois d’août et de septembre offrent les conditions idéales de terrain. L’utilisation des cultures hâtives ou l’ensemencement du pourtour des champs de maïs et de soya à l’aide d’une céréale récoltée tôt en saison permettront de devancer la période des travaux.

Les producteurs agricoles ne sont pas laissés à eux-mêmes devant ce grand défi de la lutte à la pollution diffuse d’origine agricole. Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) a bonifié son programme d’aide financière aux entreprises agricoles et s’engage à subventionner à 90% les coûts admissibles pour des structures de conservation hydro-agricole désignées.

Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec votre conseiller agricole ou au MAPAQ avec Bernard Arpin, d.t.a. technicien principal au 1 800 810-5781, poste 256 ou Louis Lefebvre, agronome, au poste 261.
L’érosion hydrique

C’est un phénomène naturel qui peut être atténué par l’activité humaine. Le sol érodé entraîne malencontreusement avec lui des éléments nutritifs, dont le phosphore, et certains pesticides. Par conséquent, en diminuant l’incidence de l’érosion hydrique, le secteur agricole diminuera ses apports de polluants aux cours d’eau.

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