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Une leçon d’histoire avec la famille Toupin

Une sixième génération prend la relève d’une ferme à Saint-Cuthbert

Julie Roy par Julie Roy
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Article mis en ligne le 8 avril 2008 à 15:50
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Une leçon d’histoire avec la famille Toupin
Léonide Toupin a œuvré toute sa vie sur sa terre agricole. - Photo Julie Roy
Une leçon d’histoire avec la famille Toupin
Une sixième génération prend la relève d’une ferme à Saint-Cuthbert
Les hommes meurent, mais la terre reste. Rien n’est plus vrai pour la famille Toupin de Saint-Cuthbert, qui a perpétué de génération en génération, depuis près de 190 ans, la profession d’agriculteur. D’ailleurs, au mois de juillet prochain, la sixième génération prendra officiellement des parts de l’entreprise, prolongeant ainsi l’histoire de cette ferme.
C’est la rivière Chicot, qui était navigable à cette époque jusqu’à Saint-Cuthbert, qui amena le premier Toupin dans ce village. Michel Toupin s’installa en 1815 avec son épouse, d’origine amérindienne, Élisabeth Nitawakwa. Il défricha la terre et la légua, par la suite, à son garçon Odilon. Ce dernier fut marié à Célina Fafard, qui, fait rarissime pour l’époque, mourut à 100 ans 7 mois et 25 jours.

Wilfrid fut la troisième génération à prendre les rennes, suivi de Léonide. Ce Saint-Cuthbertois, aujourd’hui âgé de 85 ans, a travaillé toute sa vie sur cette terre. Il se rappelle la vie de l’époque. « J’ai travaillé avec des chevaux, car les tracteurs n’existaient pas. On a même dompté des bœufs pour le plaisir. » Ce retraité ne regrette pas d’avoir usé ses mains à ce labeur, mais il se souvient que c’était un métier difficile. « Je travaillais sur la terre parce que je ne connaissais pas d’autres choses, mais ce n’était pas payant. »

Si la ferme n’a pas changé pendant trois générations, elle a subi des transformations majeures au cours des dernières décennies. « J’ai amorcé le changement en achetant deux, trois tracteurs, mais c’est mon garçon, Gérald, qui a tout modifié. » En effet, d’une ferme laitière, l’entreprise a troqué cette vocation pour devenir une ferme avicole tout en gardant son volet de grandes cultures. « Nous avons acheté le poulailler de Léonide en 1990. Par la suite, nous en avons construit un autre d’une capacité de 227 000 poulets par année. En 2000, nous en avons loué une partie à notre fils Olivier à qui nous allons vendre des parts au mois de juillet », raconte Hélène Bergeron Toupin, la conjointe de Gérald.

Cultiver la même terre et habiter la même maison que ses aïeules apportent parfois de surprenantes découvertes. C’est ainsi qu’Hélène a découvert la généalogie de la famille de son conjoint en effectuant des recherches sur Internet. Cependant, loin de la technologie informatique des documents authentiques, comme des contrats, des actes de naissance et de décès témoignent de cette vie d’autrefois. « On a des documents qui datent de l’époque », mentionne Gérald.

D’ailleurs, il arrive que la terre elle-même fasse ressurgir quelques reliquats du passé, comme de vieux fer à cheval. « On en trouve beaucoup », souligne Gérald.

Une chose est sûre, la transformation ne s’achèvera pas de si tôt, comme le confirme Gérald. « J’ai connu la fauche avec les chevaux. Ensuite, avec la faucheuse-conditionneuse, mais maintenant mon garçon parle de guidage par GPS. Mais, je suis bien content que ça se poursuive. D’ailleurs, mon fils a même acheté la maison de son grand-père. »

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