Une loi protège l’inscription biologique. D’ailleurs, plusieurs entreprises se sont vues remettre des constats d’infraction allant jusqu’à 2 000 $ pour avoir contrevenu à cette réglementation.
- Photo Julie Roy
Le bio pour les nuls
Les allées d’épicerie regorgent de plus en plus de nouvelles appellations que ce soit aliments naturels, biologiques ou santé. Toutes ces inscriptions ont de quoi nous faire perdre notre latin. D’ailleurs que signifient réellement ces vocables ?
Pierre Sallafranque, conseiller chez Bio Conseil, mentionne que le nom biologique est régi par une loi, ce qui n’est pas le cas pour le mot naturel. « Le mot naturel est une question de marketing. Tous les aliments sont naturels à la base. Quoi de plus naturel que des arachides ? On ne devrait pas mélanger les deux parce qu’une loi protège l’appellation biologique, écologique et biodynamique. »
Pour savoir si un produit est réellement biologique, il doit porter un sceau de certification. Pour obtenir cette authentification, les producteurs doivent respecter plusieurs normes assez strictes qui sont contenues dans un cahier de charge. Selon le Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV), un produit de grande culture peut devenir biologique s’il a été cultivé sans pesticides ni herbicides chimiques ni fertilisants de synthèse ni boues d’épuration. L’aliment ne doit pas non plus provenir d’une semence issue d’un organisme modifié génétiquement (OGM). Pour les viandes d’élevage, les règles mentionnent que pour devenir biologique, l’animal ne doit pas avoir été soigné avec des antibiotiques ni des hormones de croissance. Il ne faut pas non plus qu’il ait été nourri avec des farines animales ni qu’il soit dans des conditions de surpopulation dans des bâtiments fermés. Par la suite, si toutes ces règles sont respectées, depuis deux ans, un inspecteur viendra vérifier le tout. Toutes ces règles sont établies dans le but d’assurer au consommateur qu’il achète un produit de qualité exempt de produits chimiques. « Quand un consommateur achète un produit biologique, il achète l’assurance que le produit ne contient pas de produits chimiques. C’est une garantie du mode de production », mentionne M. Sallafranque.
Donc, un produit naturel ou santé n’est donc pas forcément biologique. De même qu’un produit biologique ne veut pas dire écologique. C’est la raison pour laquelle on peut retrouver des carottes biologiques qui auront parcouru des milliers de kilomètres avant d’arriver à destination.
En ce qui concerne l’apport de ce type d’aliment sur la santé, le CARTV souligne : « Il n’est pas possible d’affirmer aujourd’hui que les produits biologiques ont des qualités nutritives supérieures aux produits issus de l’agriculture conventionnelle, mais il existe quelques indications stipulant que les produits biologiques auraient un impact positif sur la santé. » M. Sallafranque ajoute qu’un bon nombre de produits biologiques, dont les carottes, ont plus de goût quand ils sont cultivés de cette façon.
La question des coûts est un argument qui revient régulièrement de la part des opposants aux produits biologiques. Preuve à l’appui, M. Sallafranque a démontré, lors de notre tournée dans une épicerie, qu’il est possible de se procurer des produits biologiques au même prix qu’un produit traditionnel haut de gamme. Mais, il est vrai que, dans plusieurs cas le biologique est plus onéreux que les produits conventionnels. D’abord, il s’agit d’une question d’offre et de demande. Il y a plus de demande que d’offre. D’ailleurs, ce domaine aurait connu une croissance fulgurante au cours des dernières années. Le coût de production est plus élevé, car la culture de ce type de produits demande plus de travail.