De l'utilité du Bloc québécois
Le prochain scrutin fédéral risque de causer bien des maux de tête aux électeurs du comté de Joliette jusqu'ici représentés par le Bloc québécois. Les électeurs risquent d'avoir à choisir entre celui qui leur apparaît comme le meilleur candidat local ou le meilleur chef de parti.
C'est que depuis deux ans, la situation politique a beaucoup changé. Le gouvernement minoritaire de Stephen Harper a réalisé tous ses engagements de la dernière élection et n'attend plus qu'une défaite en chambre pour retourner devant l'électorat. Le respect de ses promesses électorales et la sensibilité qu'il démontre face aux questions québécoises expliquent la remontée du Parti conservateur que soulignent un après l'autre, les sondages réalisés dernièrement au Québec.
De son côté, le Bloc québécois a de plus en plus de difficultés à justifier sa présence sur la scène fédérale. Non pas que les députés du Bloc ne font pas un travail convenable, mais comme le disait un de ses députés, il contribue finalement à l'amélioration du fédéralisme ce qui, il faut en convenir, n'est pas tout à fait sa mission. Le Bloc a été créé à la suite de l'échec de l'entente du lac Meech. Son fondateur, Lucien Bouchard lui prédisait une vie bien courte, sa dissolution devant intervenir au lendemain d'un référendum gagnant. En fait, les bloquistes n'ont d'autres buts à Ottawa que de préparer l'accession à la souveraineté. Que se passe-t-il lorsque cette échéance disparaît du paysage politique ?
Ce n'est quand même pas le Bloc qui fera l'indépendance. Pauline Marois en retirant du programme du PQ la tenue d'un référendum vient de priver le Bloc québécois de sa raison d'être. Comment Gilles Duceppe pourra-t-il justifier la présence de son parti au prochain scrutin ? Il ne lui reste guère d'autre option que de se présenter comme le défenseur des intérêts du Québec, mais c'est aussi le cheval de bataille que semblent vouloir enfourcher les candidats conservateurs du Québec. Et au moins, eux peuvent aspirer au pouvoir.
Les troupes de Gilles Duceppe risquent d'être décimées si le seul argument, c'est d'amener les électeurs à voter Bloc pour éviter un mandat majoritaire à Stephen Harper. Certains députés du Bloc sont inquiets et ils ont bien raison. Les jours qui viennent ne leur sont pas très favorables et c'est peut-être ce qui explique les départs des Michel Gauthier, Maka Kotto et autres.
Les libéraux de Stéphane Dion deviennent de plus en plus marginaux sur les écrans radars, surtout dans le Québec francophone. À force d'appuyer le gouvernement conservateur, même dans ses initiatives les plus controversées, les libéraux ont presque fini de gaspiller leur capital de crédibilité.
Dans les circonscriptions de la région de Lanaudière, le Bloc ne semble guère menacé. Il faudrait une méchante vague conservatrice pour déloger le coloré député de Montcalm, Roger Gaudet. Celui-ci bénéficiait lors du dernier scrutin d'une des plus fortes majorités au Canada.
Dans le cas de Joliette, Pierre Paquette a une majorité moindre et la faiblesse des libéraux pourrait favoriser la conservatrice Sylvie Lavallée. Les libéraux ont perdu leur candidat, Pierre-Luc Bellerose qui s'est lancé tête baissée dans un affrontement avec son chef, Stéphane Dion. Vraisemblablement, les libéraux présenteront ce que le jargon électoral désigne comme un poteau.
Toutefois, à titre de numéro deux de son parti, Pierre Paquette bénéficie d'une notoriété qui vaut son pesant d'or en terme électoral. Avec une présence soutenue dans le comté et un bilan plus qu'honorable, Pierre Paquette est en bonne position mais on l'a vu, il y a un an à peine, une vague nationale peut transformer un inconnu en député quelque soit l'historique du comté.
André Nadeau
votre aveuglement partisan
robert morinArticle mis en ligne le 7 avril 2008
De plus en plus d'observateurs estiment que les médias jouent un rôle majeur dans le virage actuel des sociétés industrielles vers les politiques d'extrême droite, et votre article en est une autre preuve monsieur Nadeau. En période électorale, il faudrait sans doute le comptabiliser comme dépense électorale en faveur des conservateurs de Harper! Je ne suis plus capable d'entendre ce fameux cliché selon lequel « Le gouvernement conservateur de Harper a rempli ses engagements», alors que la réalité est tout le contraire. Avez-vous oublié que ce gouvernement a renié la signature et l'engagement du Canada sur Kyoto, qu'il nous a précipités dans une guerre télécommandée par les AmisRequins de Harper et Débile You Bush? Harper N'A PAS RÉGLÉ le problème du déséquilibre fiscal, il a utilisé ses surplus indécents pour nous donner des «nananes» et nous obliger à les quêter à nouveau en se mettant à genoux dans quelques années. Il n'a PAS reconnu le caractère distinct du Québec, il a hypocritement présenté une formule de poudre aux yeux sans signification réelle et si quelqu'un essaie de mettre qqch de concret dans cette coquille vide, il risque de se faire décapiter (parlez-en à Jean-Pierre Blackburn); ce gouvernement est le plus «dissimulateur» que le Canada n'ait jamais connu (parlez-en aux journalistes d'Ottawa). Harper se dit bon chrétien, mais entre les $$$ des scandaleux sables bitumineux de sa chère Alberta et la protection de l'environnement, son choix est vite fait. Et pourquoi n'explique-t-on pas mieux tout le tort que causent ces milliards albertains à notre secteur manufacturier et forestier en maintenant artificiellement élevé le dollar canadien? N'êtes-vous pas capable d'y voir clair et de défendre les enjeux de votre région? Votre éditorial est vraiment biaisé et injustifiable et est la preuve que nous avons besoin plus que jamais du Bloc à Ottawa.