Je n’en parlerai pas
Assise confortablement devant mon écran d’ordinateur, les doigts bien au-dessus de mon clavier, prête à décharger mes émotions et mon humeur du moment, je me suis jurée de ne pas parler de tempête, de ne pas m’insurger à propos de la quantité incroyable de neige qui est tombée cet hiver et de ne surtout pas souligner le fait que l’hiver semble de plus en plus s’être installé pour de bon et ne plus vouloir repartir.
J’ai décidé de ne pas en remettre, déjà que la neige, ces temps-ci, ferait rougir d’envie n’importe quelle personnalité du milieu artistique en quête de visibilité, faisant plus souvent qu’autrement la Une des journaux.
Je me suis promise de ne pas effrayer les gens qui m’entourent en posant LA question qui tue (comme dirait Guy A.), soit, mais que va-t-il arriver quand toute cette neige va se mettre à FONDRE?
J’y ai pensé longuement et je me suis dit que ce serait vraiment en faire trop que de rappeler la tempête du samedi 8 mars aux allures d’apocalypse qui nous oblige à faire du révisionnisme historique afin de renommer chaque précipitation de neige que nous avons connue simple « chute » au lieu de « tempête ».
J’ai pris le temps de réfléchir et j’ai renoncé à noter que les bancs de neige dissimulent presque toute trace de vie humaine autour de nous et qu’ils sont tellement hauts, chez moi, qu’on ne voit même plus le soleil, sauf entre 10 h et 14 h, ainsi que me l’a fait remarquer mon conjoint.
Après avoir médité sur la chose, j’ai reconnu que ce serait vraiment inconvenant de souligner que la plupart de nos rues ressemblent plus à des « trail » de VTT ou à des chemins de bois qu’à autre chose.
Oui, j’en suis vraiment venue à la conclusion que je ne parlerais pas de la neige. Après tout, cela ne ferait qu’alimenter le psychodrame qui assaille peu à peu le Québec et je ne veux pas cela.