Le cannibalisme industriel
Les entreprises et les familles de la région de Lanaudière vivent une situation injuste alimentée à même leurs taxes et impôts. Depuis déjà quelques années, le programme d'aide aux régions ressources vient créer une situation de concurrence déloyale entre nos entreprises et celles d'autres régions.
Mettez-vous à la place d'un manufacturier qui cherche à s'établir. Si l'usine s'implante à Joliette, Berthierville ou Lavaltrie, l'entrepreneur devra payer 100 % de ses impôts et absorber la totalité des salaires de ses employés. Par contre, s'il décide de s'installer quelques kilomètres plus loin, par exemple à Maskinongé ou Louiseville, il n'aura à payer que le quart de son dû en impôt, en taxe sur le capital et en contribution au fonds des services en santé. Déjà, l'invitation est tentante, mais comme si ça ne suffisait pas, le gouvernement du Québec se montre prêt à subventionner 30 % des salaires de ses employés. Et cette générosité s'applique à tous les employés, y compris les vendeurs et le concierge.
La région de Joliette a rarement été favorisée par les programmes gouvernementaux. On se souviendra que dans les années 80, les zones de développement économique du gouvernement fédéral s'arrêtaient à Berthierville. Plus tard, c'était au tour du Fonds Laprade de distribuer ses largesses en Mauricie jusqu'à Berthierville et Saint-Gabriel. Depuis 2001, c'est le programme des régions ressources qui fait mal, surtout dans le cas de Joliette depuis l'inclusion de la Mauricie.
Comment une entreprise de Joliette peut-elle rivaliser avec un concurrent presque voisin qui bénéficie de tels avantages? Ce dernier a beau jeu de réduire ses prix de 5 % à 20 % pour ravir la clientèle des entreprises lanaudoises tout en conservant une marge de profit appréciable. Cette situation fragilise l'emploi chez nous et met en péril plusieurs entreprises. Le maire de Lavaltrie, Norman Blackburn, signalait récemment que des entreprises en démarrage ont effectivement traversé la rivière Bayonne pour s'installer plus à l'est. Monsieur Blackburn va plus loin et affirme que le programme des régions ressources a fait perdre plus d'emplois à notre région que la hausse du dollar canadien.
Au printemps dernier, le gouvernement formait un groupe de travail présidé par Robert Gagné pour étudier l'impact des aides fiscales. Ce comité a recommandé notamment de retirer la région de la Mauricie de la liste des régions ressources. Les espoirs ont été rapidement dissipés, car la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a déjà indiqué à la Fédération québécoise des municipalités son intention de ne pas donner suite à cette recommandation.
Personne ne s'opposera à ce que le gouvernement québécois vienne en aide à des régions défavorisées comme la Côte-Nord ou la Gaspésie, ne serait-ce que pour tenir compte des frais de transport inhérents à l'éloignement. Mais peut-on mettre dans le même panier et avec les mêmes remèdes ces régions et celle de Trois-Rivières? C'est comme administrer le même médicament à une victime du cancer et une victime de la grippe.
Les CLD de la région supportent les efforts de la coalition des régions pour l'entraide économique équitable, laquelle devrait multiplier les interventions à l'approche du dépôt du prochain budget du gouvernement du Québec. La ministre des Finances doit, à tout le moins, mettre un terme à la concurrence déloyale dont les entreprises de notre région sont les victimes. Reconduire le programme tel quel ne ferait que créer la division entre les régions du Québec et maintenir une guerre de prix improductive. On a assez de se débattre avec la hausse du dollar et la concurrence chinoise, qu'avons-nous à gagner à déshabiller Pierre pour habiller Paul ?
André Nadeau
Cannibalisme capitaliste
jacques trudeauArticle mis en ligne le 5 mars 2008
Les familles de la région de Lanaudière vivent une situation injuste alimentée à même leurs taxes et impôts. Comme c'est vrai, et, comme cette situation ne date pas d'aujourd'hui, peu il s'en faut. Un bref retours dans notre histoire, nous montre que le développement du capitalisme moderne débute, au Québec vers 1492. C'est le système seigneurial appuyé par l'Église de Rome qui à l'époque en est le maître d'oeuvre.
Les autochtones, qui vivent ici depuis des millénaires, ont étés les premières vistimes de ce canibalisme capitaliste. Voici quelques précisions. En 1492, il existe ici des Nations qui sont animées par un système économique, politique, idéologique tout à fait développé et fonctionnel. De nouveaux arrivants viennent qui veulent établir un autre système.
Le premier système est communiste. Le second est capitaliste naissant. Source de tous les conflits, les modes de productions permettent d'analyser les transformations sociales. Et, ces différences sont essentielles pour pouvoir faire l'analyse des développements sociaux. Ces différences ont étés mises de côté par nos historiens idéalistes. C'est la raison fondamentale pour laquel nous ne voyons pas l'histoire réelle du Québec.
À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles (l'économie) d'une société entrent en contradiction avec les rapports de production existants (communiste chez les autochtones). Ces forces productives deviennent une entrave pour la nouvelle forme de propriiété que cherche à implanter les nouveaux arrivants. Donc la société autochtone reposant sur la propriété communiste du sol, entre nécessairement en lutte avec la sociiété féodale qui repose sur la propriété privée.
Nous pouvons savoir aujourd'hui, si nous voulons le savoir, que ce qui a permis ce développement, c'est: ''La découverte des contrées aurifères et argentifères de l'Amérique, la réduction des indigènes en esclavage, leur enfouissement dans les mines ou leur extermination, les commencements de conquête et de pillage aux Indes orientales, la transformation de l'Afrique en une sorte de varenne commerciale pour la chasse qux peaux noirs, voilà les procédés idylliques d'accumulations primitives qui signalent l'ère capitaliste à son aurore. Aussitôt après éclate la guerre mercantile elle a le globe entier pour théâtre.'' (citation de Marx, engels, dans oeuvres choisies)
Si nos familles de lanaudière vivent une situation injuste, comment doit-on appeler la situation des familles qui sont encore aujourd'hui les propriétaires du sol que nous appelons notre sol national? Le cannibalisme capitaliste a donc, depuis ses débuts ici, causé, et, causera, pensons nous, encore ces situations injustes que signale avec justesse m. André Nadeau