Laisser l’été avoir 19 ans
Un privilège réservé à la classe étudiante qui me manque cruellement depuis quelque temps est la liberté de l’horaire entre mai et septembre. Privilège qui s’applique surtout à ceux qui fréquentent l’université. Tu pars en voyage un mois et ça ne dérange en rien ton budget puisqu’il reste un bon trois mois pour travailler.
C’était le bon temps… J’y ai particulièrement goûté à la fin de ma première année d’études à l’UQAM. Le sac à dos, le passeport, des bons souliers et un début d’été devant moi. Des rêves plein la tête tout autant que des recommandations et voilà que je m’envolais vers l’Espagne.
Un périple que j’entreprenais seule parce que je reste persuadée qu’une telle expérience doit être vécue au moins une fois. Pour le « thrill », pour le « trip » et pour l’inconnu.
« Tu vas te faire attaquer, arnaquer, voler », me disaient certains. Mais non, mais non, je leur répondais. Une autre forme de frénésie flottait aussi puisque je foulerais Madrid deux mois pile après les attentats à l’explosif du 11 mars à la gare d’Atocha.
Il ne m’est rien arrivé de fâcheux. Que des découvertes, des rencontres et de l’inattendu. Des anecdotes ça oui, mais qui finissent finalement toutes bien. Des auberges de jeunesse, des paysages de cartes postales, le chaud soleil andalou et l’ambiance de Barcelone. Et la sérénité de pouvoir me dire que je l’ai fait.
Il y a de ce genre de choses qu’il faut faire tout de suite, quand l’opportunité passe, et y aller. Ça s’appelle prendre une chance. La chance d’essayer, de peut-être se tromper, mais au moins l’avoir tenté.