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Apportez votre lunch!

André Nadeau par André Nadeau
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Article mis en ligne le 23 février 2008 à 10:35
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On peut bien se demander pourquoi le gouvernement Charest s'ingénie à créer des commissions d'étude pour aussitôt rejeter du revers de la main leurs principales recommandations. C'est le cas de la Commission sur l'avenir de l'agriculture et celui de la Commission Castonguay sur l'avenir du système de santé.

L'objectif des commissions est de faire bénéficier les décideurs de l'opinion d'experts afin de résoudre des problèmes complexes. Les commissaires qui font bien leur travail expriment parfois des vérités que les politiciens préféreraient ne pas entendre.

C'est le cas de la Commission Castonguay qui prévient avec justesse et chiffres à l'appui que le système de santé du Québec est à son point de rupture. D'ici cinq à six ans, au rythme actuel, les dépenses de santé au Québec grèveront plus de la moitié du budget du gouvernement québécois. C'est déjà grave, mais ce n'est qu'un prélude à l'explosion des coûts qui suivra inévitablement l'arrivée des baby-boomers à la retraite. On prévoit que d'ici 12 ans, le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans aura doublé exerçant une pression accrue sur nos services de santé. Avec l'espérance de vie qui se prolonge, le Québec aura-t-il les moyens de se doter des coûteuses nouvelles technologies ou nous dirigerons-nous graduellement vers une médecine du tiers-monde ?

Le rapport de la Commission Castonguay propose des solutions aussi radicales que le mal qu'on veut prévenir : hausse de la TVQ, franchise sur les consultations, cotisation à une clinique médicale, hausse de l'assurance-médicaments. On va peut-être même un peu trop loin en allant jusqu'à proposer de faire payer les gens hospitalisés pour les repas servis durant leur séjour et les personnes âgées pour les services domestiques de maintien à domicile.

Toutes ces recommandations ont été écartées par le ministre Philippe Couillard qui se limite à des mesures d'accroissement de la productivité. Fallait-il une commission d'étude d'un demi-million de dollars pour conclure qu'il suffira de travailler plus efficacement pour régler le problème ?

Le ministre est bien plus conscient de l'impasse budgétaire qui s'annonce qu'il ne le laisse voir. C'est tout simplement que le temps n'est pas propice au courage.

Il faut bien se rendre à l'évidence, il en faudra de la détermination aux politiciens qui s'aventureront à défendre les propositions du rapport Castonguay. Avec un gouvernement minoritaire qui risque d'être défait dans les prochains mois, il se trouvera peu de politiciens pour proposer d'alourdir le fardeau fiscal des Québécois. Les libéraux sont encore plus mal placés que les autres, eux qui ont converti l'aide financière d'Ottawa de 950 M$ pour le déséquilibre fiscal en baisse d'impôt à la toute veille d'un scrutin. Pouvez-vous imaginer deux minutes, un chef de parti politique s'engager en campagne électorale à faire payer les repas aux malades dans les hôpitaux ? Y a-t-il un parti assez suicidaire pour se payer un affrontement avec les puissants syndicats en proposant que le secteur privé prenne en charge la gestion des centres d'accueil et des hôpitaux psychiatriques ? On continuera de pelleter par en avant jusqu'au jour où le mur se dressera obligeant des mesures encore plus radicales. C'est ce qu'on a toujours fait. C'est la cinquième fois en 20 ans qu'une commission d'étude se penche sur le financement du système de santé. Les autres rapports remis à des gouvernements majoritaires ont été rapidement relégués aux oubliettes.

Déjà, des gens se présentent à six heures du matin à la clinique la Cité dans l'espoir de voir un médecin le jour même. L'avenir est à la construction de motels près des cliniques médicales, car on est pas loin du jour où il faudra se présenter la veille pour accéder à des soins de santé sans rendez-vous.

Le rapport Castonguay, s'il était appliqué, réglerait pour un temps le problème du financement de la santé, mais il n'améliorerait en rien la prestation des services. Il continuerait à manquer cruellement de médecins et d'infirmières!

Bientôt dans un journal près de chez vous : les meilleures recettes pour amener son lunch à l'hôpital

André Nadeau

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jacques trudeau

Commentaire mis en ligne le 24 février 2008
Depuis toujours, la politique et son personnel ont été durement jugés. Les raisons semblent multiples. Pour ma part, je pense simplement qu'un système politique ne change que quand il contient suffisamment d'éléments pouvant le faire changer.

Tommy Douglas premier ministre de la Saskatchewan dans les années soixantes, après avoir mis en place le système de santé gratuit, a dû faire face aux médecins de sa province et subir la défaite électorale aux mains des médecins. Tant que la mentalité des électeurs n'est pas changée suffisament, la défaite électorale est a craindre.

Les libéraux ont développé ce reflexe de protection. Pour cette raison, notre système de santé ne changera que s'il devient de plus en plus privé. En Saskatchewan, il était encore privé en grande partie. Ce fut plus facile pour les médecins de renverser le gouvernement qui l'avait mis en place.

Ici depuis des décennies, notre système a subit de nombreuses transformations toutes allant vers le système publique.Et, à mon humble avis, ce système ne s'est pas encore suffisamment transformé pour qu'il y ait un autre système mis en place. Les médecins ont entrepris, comme en Saskatchewan, la lutte pour redonner la place au privé. Et surtout, n'allez pas croire que la politique ne se fait pas autrement.

Tant que notre système de santé n'ira pas dans le sens de la prévention, le système actuel n'ira qu'en se développant dans le même sens. C'est-à-dire, dans le sens des oligopoles nichés dans ce système très lucratif, et surtout bien protégé par ses thuriféraires les médecins d'accord avec ce système.

Jacques Trudeau
Crabtree

Le Nouveau Parti Démocratique a connu ce genre d'action politique qui sont menées par les intérêts privées. De plus dans les temps présents, il y a coalition des médecins et des propriétaires des industries de médicaments et forment un oligopole très puissant.



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