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Le blogue d'André Nadeau
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Calomnies virtuelles.com

André Nadeau par André Nadeau
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Article mis en ligne le 16 février 2008 à 9:58
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Calomnies virtuelles.com
La Ville de Rawdon a établi une grande première dans le monde du cyberespace en obtenant une injonction ordonnant la fermeture d'un site Internet propageant des propos présumément diffamatoires à l'endroit de l'administration municipale, ses élus et ses officiers. Ce site abritait un forum de discussion où les citoyens pouvaient s'exprimer sur différentes facettes de l'actualité rawdonnoise. Il appert toutefois que certains citoyens auraient abusé de la situation et se retrouvent aujourd'hui exposés à une poursuite en diffamation, c'est du moins la prétention de la Municipalité.

Certains affirment sur des blogues que la Ville de Rawdon veut faire taire l'opposition et n'hésite pas, pour ce faire, à brimer la liberté d'expression de ses citoyens. D'autres en revanche estiment que la liberté d'expression a ses limites et que les mêmes règles qui prévalent dans les autres médias écrits ou électroniques devraient s'appliquer sur le web.

Je ne suis pas en mesure de juger du cas qui oppose Rawdon à certains citoyens, n'ayant en main que les allégations de la Municipalité. Et de toute façon, c'est aux tribunaux d'en disposer. Il reste néanmoins que les élus de Rawdon ont fait preuve de courage en se lançant ainsi dans une bataille qui pourra servir de précédent pour l'ensemble des municipalités.

Beaucoup de gens croient que sur Internet, la liberté d'expression n'a pas de limite et que l'anonymat permet de publier les pires insanités. C'est ainsi que des citoyens mécontents d'une décision d'un conseil municipal ne se limiteront pas à se servir d'Internet pour insulter les dirigeants, mais colporteront sciemment des mensonges de nature à ternir la réputation des élus. Dans certains cas, ça devient même du harcèlement et c'est plus fréquent qu'on le pense.

Sur le site de laction.com, les internautes peuvent réagir aux textes de nos journalistes et il arrive que certains en profitent pour régler des comptes avec des maires et des conseillers. Il a même fallu mettre en place un mécanisme pour éviter que ces articles diffamatoires se retrouvent en ligne. Comme entreprise de presse, nous ne pouvons laisser en ligne des commentaires qui, par exemple, associeraient un maire au crime organisé, et ce, comme dirait Guy Chevrette, sans le moindre commencement du début d'une preuve.

Les dégâts causés par des cyberdiffamateurs peuvent être très importants. On a vu le cas d'un homme qui est accusé d'avoir fait chuter les actions d'une entreprise de 200 M$ après avoir publié de fausses informations sur Internet. L'ancien directeur général de la Ville de Mirabel, Yves Lacroix, a vécu un véritable cauchemar durant quatre ans en voyant sa réputation attaquée par un internaute. À force de répéter des faussetés, il y a des gens qui finiront bien par y croire. L'accumulation des cas de harcèlement sur Internet pourrait à terme décourager des administrateurs chevronnés de faire le saut en politique.

Un des problèmes avec Internet, c'est que même si les victimes réussissent à faire fermer un site ou retirer des propos haineux, il restera toujours des traces que même des auteurs repentants ne pourraient retirer. Il suffit d'aller sur Google pour retrouver des pages web pourtant retirées. Il y a des sites d'archives où il suffit d'entrer l'adresse URL d'un ancien site pour retrouver des pages vieilles de 10 ans. C'est ainsi que j'ai réussi à retrouver la page d'accueil de laction.com vieille de plus de dix ans.

Internet pose bien des problèmes pour ceux qui voudraient obtenir justice et c'est peut-être ce qui explique que tant de victimes ne prennent pas la voie des tribunaux. Il faut d'abord prouver que les propos sont bien l'œuvre d'une personne que l'on soupçonne. Il faut aussi démontrer que les propos litigieux ont été lus et déterminer par combien de personnes. Ce n'est pas une mince tâche !

Il est à souhaiter qu'une cause comme celle de la Ville de Rawdon contribuera peut-être à dissiper un peu le flou juridique qui entoure encore l'Internet en délimitant les balises de la liberté d'expression.

André Nadeau

P.-S. : Je tiens à signaler que notre journaliste à Kandahar, Julie Roy n'était pas l'invitée de l'armée canadienne. Elle était intégrée aux forces de combat, mais tous les frais reliés à son voyage ont été assumés par Médias Transcontinental, société éditrice de L'Action.

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Steve Solo

Commentaire mis en ligne le 17 août 2009
Hardly ..I have a problem finding my english comments on your website... André you really read don't you...

Benoit Grenier

Commentaire mis en ligne le 18 février 2008
Je crois important d'apporter quelques éléments supplémentaires à ce commentaire pour le bénéfice des lecteurs.

Comme le mentionne un article d'aujourd'hui paru ici même , je pense que tout le débat entourant les forums, blogues de citoyens à Rawdon devra être attentif à la commission parlementaire sur les poursuites abusives qui débute mercredi à Québec.

http://www.laction.com/article-cp16688020-Des-citoyens-et-groupes-du-Quebec-demandent-une-loi-antiSLAPP.html

Les lecteurs seront aussi intéressés à consulter deux autres liens qui donnent un éclairage plus large avec de nombreux liens et qui démontre bien que le débat n'est pas terminé.

http://bloguenotes.blogspot.com/2008/02/sance-du-conseil-de-rawdon-la-version.html

http://la-nouvelle.blogspot.com

Merci

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