Un enfant est né
Un enfant est né
Un enfant est né et ce n'est pas celui auquel l'approche de Noël vous fait penser. Au moment où vous lirez cette édition de L'Action, l'auteur de ces lignes sera probablement un peu gaga, enveloppé dans cette espèce d'euphorie qu'on connaît tous quand on tombe en amour. C'est que je deviendrai grand-père. Ce n'est pas la première fois, car déjà Samuel l'a précédé de quelques années, mais on ne s'habitue jamais à vivre de tels moments. Je me demandais s'il était normal d'être aussi fébrile à la venue d'un enfant, mais à voir le pétillement dans les yeux de mon confrère Louis Pelletier lorsqu'il parle des finesses de ses petits-enfants, je vois bien que je ne suis pas seul dans la confrérie.
Ce sera une petite fille, probablement la plus belle de la pouponnière, foi de grand-papa ! Je le sais parce que j'ai vu les photos extraites de l'écographie. Vous savez ces photos prises en négatif, comme à travers le balai d'un essuie-glace d'automobile, un soir de verglas. Être belle dans ces conditions, avouons-le, c'est plutôt prometteur.
Être parent, c'est une des responsabilités les plus nobles du monde, mais devenir grand-parent, c'est le meilleur des rôles, le premier étant évidemment un préalable au second. Comme grand parent, on n'a généralement droit qu'au bon côté des choses, (le côté givré comme dit l'annonce)) c'est-à-dire gâter l'enfant, partager des activités et lui apprendre des choses que seuls les vieux connaissent. C'est le cas avec mon petit-fils Samuel qui s'est découvert récemment une passion pour le hockey et particulièrement celui de L'Action AAA, l'équipe que suit assidûment le grand-père. Il doit y avoir une question de génétique dans le fait qu'on partage les mêmes goûts… Le bonheur, c'est aussi simple qu'une bonne joute de hockey avec une poutine d'aréna, n'est-ce pas ?
Les grands-parents assument un rôle important dans la transmission aux générations suivantes des valeurs et de la culture commune des Québécois. Ils sont importants aussi parce qu'ils sont souvent les seuls qui leur procurent un amour inconditionnel. Les parents doivent parfois retenir leurs élans, car ils ont un rôle d'éducation, une discipline à transmettre. Les grands-parents passent plus facilement sur les égarements des enfants et des adolescents et se permettent davantage d'être complices.
Pour en revenir à la petite, disons que sa naissance s'inscrit dans les grands courants de la mondialisation. Son père est un Québécois pure laine qui a rencontré une Américaine d'origine taïwanaise. Dire qu'à mon époque, pas si lointaine tout de même, on trouvait nos blondes dans les villages voisins comme Saint-Thomas, en poussant parfois l'exotisme jusqu'à Drummondville.
Avec un des parents aux traits asiatiques, c'est dire que la fillette risque bien d'avoir des airs de Céline Galipeau, ce qui n'est rien pour me déplaire. Sa mère étant Américaine, elle bénéficiera de la double citoyenneté, ce qui peut s'avérer pratique quand on sait qu'à la naissance comme Canadienne, elle héritera d'une dette de 34 000 $, sa part de la dette nationale.
C'est sûr que les premiers mois, on a davantage affaire à un tube digestif, mais les enfants ont ce charme irrésistible que bien peu d'entre nous conservent jusqu'à l'âge adulte. Si bien que dès ses premières risettes, je sais déjà que rien ne pourra lui résister et encore moins ses grands-parents.
C'est dans cette ambiance qu'on se prépare à vivre Noël 2007 dans notre famille. Pour une fois, le petit Jésus sera une fille et ça aussi, c'est dans l'air du temps.
Je profite de ce dernier commentaire de l'année pour transmettre à tous nos lecteurs et clients, des vœux traditionnels de santé, bonheur et prospérité pour l'année 2008 et, en ces temps d'accommodements raisonnables, je persiste néanmoins à vous souhaiter un Joyeux Noël !
André Nadeau