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Une facture de 2000 $ pour une fausse alarme d’incendie

Julie Roy par Julie Roy
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Article mis en ligne le 3 novembre 2007 à 16:07
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Une facture de 2000 $ pour une fausse alarme d’incendie
Mélanie Gagné considère abusif le montant de la facture qu’elle a reçue pour une fausse alarme. D’autant plus, qu’elle ne sait pas sur quoi se base la municipalité pour fixer le montant de celle-ci. - Photo Julie Roy
Une facture de 2000 $ pour une fausse alarme d’incendie
Mélanie Gagné, une citoyenne de Saint-Thomas et mère monoparentale de trois enfants, a eu la surprise de sa vie, il y a une quinzaine de jours, lorsqu’elle a reçu un appel de son propriétaire. Celui-ci venait de recevoir une facture de 2 000 $ à la suite d’une fausse alarme de son système de sécurité et qui avait, par conséquent, causé une intervention inutile des pompiers.
La dame, qui habite dans une maison louée depuis un an et demi, a fait installer un système d’alarme au milieu de l’été. « Il y avait une promotion avec la compagnie Protectron. S’il n’y avait pas eu la promotion, jamais je n’aurais eu les moyens de me payer un système d’alarme. Je trouvais que c’était une bonne idée parce que je suis seule avec mes enfants et que je voulais nous protéger contre d’éventuelles intrusions. »

Dans la même semaine, Mme Gagné se rend compte que la compagnie a installé trop près de sa salle de bain le détecteur de fumée. Elle contacte la compagnie pour l’informer et lui demander de modifier la situation. « Dans la première semaine où on m’a installé le système, la vapeur de la salle de bain l’a fait déclencher. J’ai appelé la compagnie pour qu’on rectifie la situation et les employés m’ont mis sur la pile. »

Le 17 août, le système se déclenche de nouveau. La centrale de surveillance tente de joindre Mme Gagné, mais la ligne téléphonique est occupée par l’utilisation d’Internet. Les fils de Mme Gagné neutralisent le système, mais le temps d’effectuer cette opération les pompiers sont appelés. Ceux-ci arrivent et constatent qu’il s’agit d’une fausse alarme. Ils inspectent les lieux et repartent. En tout, l’intervention aura duré 24 minutes, durant laquelle les pompiers n’ont pas eu à utiliser aucun matériel. Avant de repartir, les fils de Mme Gagné demandent aux pompiers s’ils vont recevoir une amende pour cette fausse alarme, le pompier leur répond, de bonne foi, qu’il ne croit pas.

Deux mois plus tard, voilà la surprise, ce n’est pas le Service des incendies qui envoie une facture, mais la municipalité de Saint-Thomas. Celle-ci s’élève à près de 2000 $, soit 82,62 $ pour chaque minute. « Je me suis dit qu’il y avait une erreur. Je m’attendais à recevoir une amende. Je n’aurais rien dit si l’amende avait été de 200 $, mais là, une facture de 2 000 $, c’est carrément exagérée. » Elle trouve la situation anormale. D’autant plus que son propriétaire paie des taxes municipales pour ce service.

Mme Gagné a bien tenté de joindre la municipalité, mais rien à faire puisque la facture est légale, car elle émane d’un règlement municipal. Celui-ci, adopté le 1er août 2005, prévoit, entre autres, que pour une fausse alerte qui cause une intervention inutile du service des incendies le citoyen sera facturé, à la minute, selon le coût réel de l’intervention.
Réactions du maire René Vincent
Le maire de Saint-Thomas, René Vincent reconnaît que la facture est élevée, mais il souligne qu’en vertu du règlement municipal, la municipalité a le droit de réclamer les frais pour une intervention inutile. « On charge ce que ça nous coûte. On ne fait pas d’argent avec cela. » Le maire souligne que d’autres personnes dans la municipalité ont été obligées de payer pour une fausse alarme. C’est le cas de l’école primaire qui aurait reçu une facture de 4000 $ et du magasin MLC qui a dû payer 3 200 $.

Le maire mentionne que ce n’est pas lui qui va remettre en question cette réglementation. C’est plutôt le conseil qui a le pouvoir de décider s’il pourrait revoir cette politique. Concernant les autres municipalités desservies par le Service des incendies de Joliette, M. Vincent souligne que chacun est maître chez soi et que si elles ne veulent pas refiler la facture à leurs citoyens, c’est leur droit.

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