Les élections scolaires: vraiment utiles ?
Les élections scolaires: vraiment utiles ?
Le moins qu'on puisse dire, c'est que les aspirants sont bien peu nombreux aux postes de commissaires à la Commission scolaire des Samares. Sur les 23 postes en élection, dix-huit ont été comblés par acclamation. C'est symptomatique du peu d'intérêt des contribuables pour ce palier de gouvernement.
La Commission scolaire des Samares n'est pas un cas unique. Un peu partout au Québec, on assiste au même phénomène. Les commissaires sont automatiquement élus ou dans les rares cas où un scrutin est nécessaire, les taux de participation oscillent entre 8 % et 15 %.
Si la même chose se produisait au gouvernement provincial, on nagerait en pleine crise de légitimité. Imaginez 80 % des députés élus sans opposition et des taux de participation aussi bas pour la formation de l'Assemblée nationale.
On peut bien se faire croire que les gens sont éminemment satisfaits du travail de nos commissaires, mais il est plus probable que ces résultats soient simplement attribuables à un désintéressement généralisé vis-à-vis de l'institution. Pour le plaisir, j'ai demandé à plusieurs dizaines de personnes de mon entourage de me dire le nom des commissaires qui les représentent. Malgré que je vive dans un milieu généralement bien informé, seules deux personnes ont pu identifier correctement leur commissaire : le journaliste qui couvre la commission scolaire et le photographe du journal. Le reste ? Néant !
Il reste que ces gestionnaires inconnus, autant que le soldat du même nom, administrent environ 201 millions de dollars par année et pourvoient au bien-être de nos enfants. Ils sont notamment responsables du transport, de l'entretien des écoles et le plus important, des services aux 23 000 élèves. Ils ont aussi un pouvoir de taxation, quoique tellement balisé que la marge de manœuvre dont ils disposent est à peu près nulle. Le taux de la taxe est plafonné et on ne peut le réduire sans couper dans les services. Du côté pédagogique, la commission scolaire peut bien mener des programmes visant à accroître les chances de réussite des élèves, mais on conviendra que l'essentiel des décisions d'ordre pédagogique vient des fonctionnaires du ministère de L'Éducation. Par contre, si Québec développe effectivement une politique visant à combattre la malbouffe auprès des jeunes ou pour accroître l'exercice physique, c'est à la commission scolaire qu'incombera la tâche de la mettre en place.
Lors de la dernière campagne électorale, le chef de l'ADQ, Mario Dumont, ne proposait rien de moins que l'abolition des commissions scolaires. Je me plais à croire que M. Dumont n'aurait jamais proposé une telle solution si les électeurs se ruaient en masse dans les bureaux de vote lors des élections scolaires. Sa solution visant à remettre aux municipalités la gestion des écoles a été bien mal reçue par les élus municipaux qui ne veulent absolument pas de cette nouvelle responsabilité. Après tout, la fonction de commissaire dépasse largement l'embauche d'un concierge ou l'octroi d'un contrat de déneigement. On constate toutefois que le déficit démocratique observable porte flanc à de telles propositions.
Cette année, le Directeur général des élections du Québec a mené une courte campagne de promotion autour des élections scolaires. Il faudrait bien plus que d'inviter les électeurs à voter. Il faudrait aussi leur dire pourquoi. Les commissions scolaires et le ministère de l'Éducation auraient peut-être avantage à faire connaître le rôle des commissaires avant même d'inviter le public à en élire un.
On a déjà soumis l'idée de tenir les élections scolaires en même temps que les élections municipales, évitant ainsi aux électeurs de se déplacer deux fois. Comme toutes les municipalités sont en élection en même temps. Il y aurait toutefois le risque que les candidats commissaires n'aient jamais la chance de se faire connaître du public, toute l'attention des médias et l'espace médiatique étant déjà retenus par les candidats aux mairies.
Si les élections fédérales et provinciales n'étaient pas aussi fréquentes, peut-être aurions-nous le temps de nous occuper des élections scolaires.
André Nadeau
Les élections scolaires....
Pierre GrandchampArticle mis en ligne le 6 octobre 2007
Quand eurent lieu les dernières élections municipales à St-Charles Borromée? Et à NDP?
Depuis 30 ans, il y a eu combien d'élections à la mairie dans ces deux Municipalités?