Des militants contre les hydrocarbures manifestent à une conférence du ministre de l'Environnement

Geneviève Geoffroy genevieve.geoffroy@tc.tc
Publié le 16 octobre 2016

Des militants contre l'exploitation des hydrocarbures ont manifesté à l'entrée du site où le ministre de l'Environnement donnait une conférence le jeudi 13 octobre à Rawdon.

©Photo TC Media - Geneviève Geoffroy

MANIFESTATION. Une dizaine de militants contre l'exploitation des hydrocarbures issus des quatre coins de Lanaudière ont manifesté jeudi à Rawdon à quelques centaines de mètres d'où le ministre de l'Environnement donnait une conférence à des gens d'affaires sur un nouveau projet de loi du gouvernement.

Des militants s'étaient d'abord présentés sur le site où David Heurtel donnait sa conférence organisée par la Chambre de commerce régionale de Lanaudière, mais ils ont finalement dû se déplacer dans la rue, à quelques centaines de mètres du bâtiment d'où la conférence avait lieu, puisqu'il s'agissait d'un terrain privé où ils n'étaient pas les bienvenus.

Des craintes

David Heurtel était venu faire la promotion d'un nouveau projet de loi du gouvernement qui vise à modifier la Loi sur la qualité de l'environnement.

Ce projet de loi propose notamment de simplifier les autorisations pour des projets pilotes à des fins de recherche et d'expérimentation, ce qui fait craindre le pire à Audrey Boisjoly, une militante de Saint-Félix-de-Valois membre du Comité de vigilance hydrocarbure Matawinie.

« Ça pourrait ouvrir la porte à l'exploitation des hydrocarbures dans le sous-sol québécois », avance-t-elle.

Le projet de loi prévoit aussi la mise en place d'un régime d'autorisation plus efficace qui permettrait de réduire jusqu'à 20% des délais pour des projets soumis.

« On a l'impression que le projet de loi est là pour aider les promoteurs! Est-ce que la qualité de l'environnement sera assurée d'une plus grande façon? Nous en doutons fort ", affirme à son tour Marielle Boisjoly, de Lanoraie.

Rencontrer les citoyens aussi

Elle déplore que le ministre se soit déplacé pour rencontrer les gens d'affaires, mais pas les citoyens.

« Ce serait le fun qu'il nous rencontre aussi », argue-t-elle.

Pour Chantal Jolicoeur, du Comité vigilance hydrocarbure de L'Assomption, cette venue du ministre dans la région de Lanaudière était un bon prétexte pour venir lui signifier ses inquiétudes quant à l'exploitation des hydrocarbures au Québec et à l'oléoduc Énergie Est de TransCanada dont le tracé prévoit un passage dans la MRC de L'Assomption.

 

Chantal Jolicoeur du Comité de vigilance hydrocarbure de L'Assomption a manifesté le jeudi 13 octobre à Rawdon lors d'une conférence du ministre de l'Environnement.

©Photo TC Media - Geneviève Geoffroy

« Compte tenu de la condition de la terre et des changements climatiques, il est bon que les gens soient informés qu'il faut s'orienter autrement », dit-elle.

Tout le contraire

Interrogé à la fin de sa conférence par TC Media, le ministre David Heurtel affirme que le projet de loi ne prévoit pas du tout donné plus de pouvoir ou d'opportunités aux entreprises au détriment de l'environnement comme le craignent certains des manifestants qui s'étaient déplacés.

« C'est tout le contraire, dit-il. Le projet de loi ne touche d'aucune façon à nos règles de protection de l'environnement. On va maintenir nos standards. Ce qu'on vise, c'est d'avoir un processus d'évaluation plus clair et plus simple. »

 

Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, a donné une conférence à des gens d'affaires, à Rawdon, le jeudi 13 octobre, sur un projet de loi du gouvernement.

©Photo TC Media - Geneviève Geoffroy

Plus de transparence

"En plus de ça, le projet de loi vise une plus grande transparence, justement pour les groupes de citoyens qui souhaitent s'impliquer dans le processus d'évaluation environnementale", ajoute-t-il.

Dans un document de présentation du projet de loi, le gouvernement mentionne qu'il veut améliorer l'accès à l'information et accroître les occasions du public pour intervenir.

Le ministre donne pour exemple que les citoyens pourront par exemple s'impliquer dans les questions qui sont formulées à un promoteur dans une étude d'impacts.

Sur Énergie Est, le ministre a mentionné que le projet était « présentement en évaluation par le ministère ».

« Il y a déjà 200 pages de questions qui ont été transmises à TransCanada. Une fois que l'étude d'impacts sera jugée recevable, on va aller en audiences publiques. Les municipalités, les citoyens et les groupes vont pouvoir se prononcer », dit-il.