Sans boutique virtuelle, les commerçants sont « carrément en danger »

Geneviève Geoffroy genevieve.geoffroy@tc.tc
Publié le 19 octobre 2016

François Charron croit que les entreprises du domaine de la vente au détail doivent faire le saut vers le numérique.

©Photo - gracieuseté

VENTE EN LIGNE. Les commerces de vente au détail qui n'ont pas encore de boutique de vente en ligne sont « carrément en danger », selon le chroniqueur web François Charron.

« Ce n'est pas tant un avantage que l'obligation d'y être », affirme le chroniqueur web de Salut, Bonjour! et aussi directeur de votresite.ca, une PME qui offre des services web aux entreprises.

Depuis plusieurs années, François Charron parcourt le Québec afin de convaincre les marchands, les entrepreneurs et les PME du domaine de la vente au détail de se brancher en ligne et de démarrer une boutique virtuelle.

Il était de passage à Joliette le 6 octobre pour donner une conférence sur la vente en ligne. Plus de 130 personnes y ont assisté.

Des milliards de dollars

Selon François Charron, il est inévitable pour la viabilité d'une entreprise du domaine du commerce au détail de faire le saut dans l'univers numérique.

Surtout que l'an dernier, la proportion de cyberacheteurs québécois et les montants moyens dépensés par mois permettent d’estimer à 8 milliards de dollars les dépenses totales des Québécois sur le Web, selon le Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO). Cela représente une progression de 21,9 % comparativement à 2014.

Programme gouvernemental

Conscient de l'engouement croissant des Québécois pour l'achat en ligne, le gouvernement a annoncé le 13 octobre qu'il comptait apporter un coup de pouce financier aux entreprises pour qu'ils prennent le virage numérique.

Un programme doit être mis en place, selon ce qu'a affirmé la ministre responsable de la Stratégie numérique, Dominique Anglade. Le programme devrait comprendre un service d'accompagnement aux entreprises. La somme qui doit être allouée à ce programme devrait être tirée du 200 M$ alloué au Plan d'action en économie numérique annoncé en mai dernier par le gouvernement.

Pas au rendez-vous

« Les Québécois sont friands de commerce en ligne, mais, malheureusement, les entreprises ne sont pas là, déplore François Charron.  Pour chaque tranche de 4 $ investie en ligne, il y a 3 $ qui sortent de la province et seulement 1 $ qui demeure dans la province. »

Selon lui, les décisions d'achat par les consommateurs se prennent de plus en plus à la maison, d'où l'importance d'être présent dans leur salon, via une boutique web, quand ils magasinent.  

Si une entreprise n'offre que des produits en magasin, elle risque de perdre une vente potentielle, croit-il.

Une récente étude du CEFRIO sur le commerce électronique montre d'ailleurs que les trois parts des adultes québécois s'informent en ligne avant de faire des achats.

Selon cette étude, 55 % des adultes recherchent de l’information en magasin en vue de faire des achats sur Internet (furetage en magasin ou showrooming). À l'inverse, les deux tiers (65,2 %) des adultes du Québec recherchent de l’information sur Internet en vue d’effectuer des achats en magasin (webrepérage ou webrooming).

Plusieurs bénéfices

François Charron assure que la vente en ligne apporte des bénéfices supplémentaires à celui de la vente des produits.  

« Le premier impact, c'est le drive to store, c'est-à-dire que cela emmène les gens à aller physiquement dans la succursale, explique-t-il.  Aussi, ça augmente les ventes locales via la possibilité de ramassage de la commande en magasin. »

Selon l'entrepreneur, les trois quarts des entreprises qui font le saut et ouvrent une boutique en ligne verront leur chiffre d'affaires, leur nombre de clients et la zone de vente des produits augmenter.

De l'aide

Pour aider les entreprises à prendre le web d'assaut, François Charron a mis sur pied l'an dernier un organisme à but non lucratif, Branchons les PME, qui a pour mission d'outiller les entreprises québécoises et les aider à se doter d’un site Internet, pratiquer le commerce électronique et mener leurs affaires de façon autonome sur le Web.

En un an, plus de 1000 entreprises ont reçu de l'aide via cet OBNL pour mettre en ligne gratuitement leur boutique virtuelle et acquérir des notions pour la gérer avec l'aide d'un stagiaire de l'organisme.