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Ponts en mauvais état: il faut faire preuve de patience


Publié le 12 septembre 2017

Le ministère des Transports prévoit effectuer les travaux sur le pont du lac Rawdon « dans un horizon de cinq ans ». Les premières négociations dans le dossier remontent à 2013.

©Photo TC Media - Guillaume Morin

TRANSPORTS. Selon des données compilées par le ministère des Transports du Québec, plus de 130 ponts et viaducs du territoire de Laurentides-Lanaudière requièrent des réparations. Dans les secteurs de Joliette et de la Matawinie, les délais avant la tenue des travaux sur certaines structures en mauvais état donnent du fil à retordre aux élus. 

À Saint-Alphonse-Rodriguez, le pont du 4e rang, au-dessus du lac des Pins, est fermé depuis le début de l'été, obligeant les automobilistes à faire un détour d'environ 15 km par la rue des Monts, puis la route 343, pour aller à Saint-Côme. Une situation problématique qui tarde à se régler, selon le maire, Robert W. Desnoyers.

« On sous-estime l'importance de ce pont, parce qu'il est petit. Il fait à peine 20 pieds de long. Mais il est très passant. Beaucoup de camions et d'automobilistes l'empruntent pour monter vers Saint-Côme », explique-t-il en entretien avec L'Action. Selon lui, la circulation affluente aurait d'ailleurs fragilisé la structure au fil du temps, jusqu'à sa fermeture, en mai dernier.

« Le détour engendre des embouteillages importants, ajoute M. Desnoyers, car les gens doivent passer par de petites rues pour aller reprendre la 343 plus loin. On ne peut pas laisser ça comme ça tout l'hiver, il faut que ça se règle rapidement, mais nous n'avons aucune nouvelle des gens du gouvernement. »  

À Saint-Alphonse-Rodriguez, le pont du 4e rang, au-dessus du lac des Pins, est fermé depuis le début de l'été.
Photo TC Media - Guillaume Morin

Le maire affirme avoir contacté le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l'Électrification des transports du Québec (MTMEQ)  à plusieurs reprises, mais ne pas avoir obtenu de réponse. Il entend continuer de talonner les hautes instances dans l'espoir que la construction soit réparée cet automne. « Je ne les lâcherai pas, je n'ai pas le choix. Si je n'insiste pas, il ne se passera rien. »

À Rawdon, d'importants travaux sont à effectuer sur le pont du lac Rawdon, qui devient le chemin de Saint-Alphonse. Quant à la structure de la rivière Ouareau, sur la route 341, elle doit carrément être remise à neuf.

« Ça fait cinq ans qu'on négocie pour faire réparer le pont du lac Rawdon. Mais c'est compliqué, car la partie qui sert de barrage appartient à la Municipalité, tandis que le pont relève du ministère. On a justement signé une entente de principe il y a environ un an, car nous devons travailler conjointement avec le gouvernement pour faire réparer la structure. Mais c'est très long avant que ça bouge », détaille le maire, Bruno Guilbault.  

Bien que le dossier ait fait l'objet de tergiversations durant les dernières années, il dit avoir confiance que les démarches soient « sur le point d'aboutir ».

« Ce n'est pas dangereux pour les usagers, mais il est temps que ça se règle. Il faut procéder à la réfection du tablier et des interventions doivent être faites au niveau des piliers. »

Quant à la construction de la rivière Ouareau, la Municipalité sait que des correctifs doivent être faits, mais juge que la situation est moins pressante.

Parmi les autres structures nécessitant des interventions majeures dans la région figurent celle de la rivière Noire (route 347), à Saint-Damien, ainsi que celle du Grand-Ruisseau (route 343) à Saint-Ambroise-de-Kildare. Les deux municipalités assurent que leur dossier respectif a été pris en charge par le MTMEQ, mais ignorent dans quel délai les correctifs seront apportés. Toutes deux jugent que la situation n'est pas préoccupante pour l'instant.

Plusieurs autres municipalités du nord de Lanaudière, dont Saint-Paul, Sainte-Émélie-de-l'Énergie, Crabtree, Saint-Michel-des-Saints, Sainte-Béatrix, Saint-Côme et Joliette comptent sur leur territoire des structures qui requièrent des réparations, allant de mineures à majeures, selon le registre du MTMEQ.

Dans un délai de cinq à dix ans

Pour l’année 2017-2019, le ministère des Transports affirme avoir consenti une somme de 68,8 millions de dollars aux ponts et viaducs de la région de Lanaudière, dont 19 millions à ceux du réseau municipal. Parmi les structures qui feront l'objet d'une intervention d'ici 2019, selon l'échéancier établi, figure celle de la rivière Noire (route 347), à Saint-Damien.

Quant aux ponts du lac Rawdon et du Grand-Ruisseau (route 343) à Saint-Ambroise-de-Kildare, on prévoit faire les travaux dans « un horizon de cinq à dix ans ». On ignore quand seront effectués les travaux sur la structure du 4e rang, à Saint-Alphonse.

« Il faut faire attention, nuance Geneviève Laforest, conseillère en communication au ministère des Transports. Un horizon de dix ans ne signifie pas que les travaux seront faits dans dix ans nécessairement, ça veut simplement dire que le dossier ne figure pas à l'échéancier de 2017-2019. Les délais peuvent être revus plus tard. »

Tous les ponts et viaducs au Québec sont inspectés et se voient attribuer un indice de condition générale (ICG), selon une échelle de 1 à 4. Les structures cotées 1 nécessitent un remplacement, et celles cotées 2, des travaux majeurs. Presque tous les ponts dont il est question dans le cadre de notre reportage ont une cote ICG de 1 ou 2. Mais les délais avant qu'une intervention ne soit effectuée demeurent importants.

« On peut juger qu'une structure requiert des travaux majeurs, mais ça ne signifie pas que c'est urgent. C'est pour ça que les délais s'étendent parfois sur plusieurs années. On y va par ordre de priorité. »

Les interventions prioritaires, ajoute Mme Laforest, sont celles qui concernent les « éléments principaux » de la construction, notamment les poutres, les tabliers ou encore les colonnes. Lorsqu'une réfection d'« éléments secondaires » (joints, garde-grève, trottoirs) est requise, elle est souvent jugée moins urgente.