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Il manifeste pour que la baignade soit permise aux Cascades de Rawdon


Publié le 30 juillet 2017

Stéphane Breault s'installe tous les jours sous son parasol depuis le 21 juillet et fait signer une pétition aux passants pour que la baignade soit permise au parc des Cascades.

©Photo TC Media - Caroline Morneau

NOYADES. Vous l'avez peut-être aperçu dernièrement, sur la rue Queen, à Rawdon, juste en face de l'hôtel de ville. Stéphane Breault s'installe tous les jours sous son parasol depuis le 21 juillet et fait signer une pétition aux passants pour que la baignade soit permise au parc des Cascades.

Lors de notre rencontre, le 25 juillet, M. Breault avait récolté 200 signatures pour la cause. Il prétendait avoir entamé une grève de la faim et ne pas avoir mangé depuis plusieurs jours. Au moment d'écrire ces lignes, il était toujours au poste près du piano public.

« Je suis ici tous les jours depuis vendredi (le 21 juillet), entre midi et 20 h, environ. C'est le seul recours qu'il me reste. Je vais continuer jusqu'à ce que j'aie le droit d'aller dans l'eau aux Cascades », affirme-t-il.

Le résident de Rawdon admet que la baignade a toujours été formellement interdite sur le site, mais prétend qu'elle était tolérée avant 2014.

« Ça fait 33 ans que je nage là, ça a toujours été toléré, malgré les pancartes d'interdiction. C'est depuis trois ans environ qu'il y a plus de surveillance. Je comprends que ce soit proscrit aux Chutes Dorwin, parce que c'est vrai que c'est dangereux pour les noyades, mais aux Cascades, je ne comprends pas. »

En trois ans, parce qu'il se baigne malgré l'interdiction, M. Breault a récolté de nombreuses contraventions de la Sûreté du Québec, dont quelques-unes  pour avoir refusé de collaborer à la suite d'un avertissement d'un agent. Il se dit « victime d'une injustice » et dénonce le système de sanction, qui selon lui, serait appliqué de façon arbitraire.

« Il y a plein de gens qui nagent là et qui ne se font jamais avertir. Moi, on m'a pris en grippe. Je n'ai même plus le droit d'aller sur le site, on m'a interdit l'accès complètement. »

Selon lui, sa méthode de contestation n'est pas exagérée. « Peut-être que pour certains, ça ne semble pas important, mais pour moi, ce l'est. Me baigner, c'est ma vie. J'ai une hernie discale et l'eau me fait du bien, ça calme ma douleur. Je me suis toujours baigné là et je n'arrêterai pas », insiste-t-il, invitant les gens à venir à sa rencontre et à signer sa pétition.

Les noyades, un fléau à Rawdon

Lors du passage de L'Action au parc des Cascades, le 25 juillet, plusieurs personnes étaient assises sur les roches. Certaines s'aventuraient dans l'eau.
Photo TC Media - Caroline Morneau

Dans un reportage effectué en 2016, L'Action rapportait que Rawdon est la municipalité de Lanaudière où survient le plus grand nombre de noyades. Des 39 cas comptabilisés dans la région entre 2009 et 2014 par la Société de sauvetage du Québec, huit se sont produits dans un plan d'eau naturel à Rawdon, notamment aux Chutes Dorwin et au parc des Cascades. À ce nombre s'ajoutent d'autres décès survenus en 2015, mais qui ne figurent pas encore au tableau de la Société de sauvetage.

À cet effet, le maire de la Municipalité Bruno Guilbault admet que la surveillance sur ces sites a été renforcée ces dernières années, notamment avec l'ajout de nouveaux constables.

« Il fallait agir pour la sécurité, j'en avais assez qu'on parle de Rawdon chaque été parce que quelqu'un se noyait. La baignade est interdite aux Chutes et aux Cascades du côté qui appartient à la Municipalité, et ça ne changera pas », maintient-il.

En ce qui concerne le dossier de Stéphane Breault, le maire dit ne pas avoir l'intention d'intervenir dans l'immédiat.

« J'imagine qu'il va se tanner. Je ne peux rien faire pour l'empêcher de manifester, il a le droit d'être là. »

Selon la greffière de la Municipalité, Caroline Gray, les constables engagés pour effectuer de la surveillance tour à tour ne font aucun traitement de faveur.

« La baignade est interdite aux Cascades, un point c'est tout. On tolère que les gens aillent sur les roches, mais il est interdit de s'assoir dans l'eau ou de nager », laisse-t-elle entendre, ajoutant que la Municipalité ne remet jamais de contravention.

« Techniquement, nos constables ont le droit de donner des amendes, mais ils ne le font pas. Ils donnent des avertissements et généralement les gens sont coopératifs. Si une contravention est émise, c'est que la personne ne collabore vraiment pas ou démontre des signes d'agressivité. Lorsque c'est le cas, nos surveillants font appel à la police qui elle donne des amendes. Mais ça se produit très rarement. »