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Leur fille décédée réussit encore à les épater

La réserve au nom de Marie-France Pelletier a officiellement été inaugurée à Joliette


Publié le 16 juillet 2017

Les parents de Marie-France Pelletier, Jacques Prud'homme et Micheline Pelletier, lors de l'inauguration, à Joliette, le 12 juillet 2017, de la réserve naturelle portant le nom de leur fille.

©Photo TC Media - Geneviève Geoffroy

INAUGURATION. Malgré son décès en 2014, la première col bleu et horticultrice de la Ville de Joliette réussit encore aujourd'hui à étonner ses parents, alors qu'une réserve naturelle vient tout juste d'être inaugurée à son nom.

« Elle était épatante et elle m'épate encore même si elle est décédée. Elle est là pour des années à venir. Elle va en quelque sorte nous survivre », exprime Jacques Prud'homme, le père de Marie-France Pelletier, le sourire aux lèvres et les yeux brillants.

De la sève dans les veines

Marie-France Pelletier était une ardente défenderesse et protectrice de la flore.
Photo - gracieuseté

Marie-France Pelletier a été la première femme col bleu à travailler à Joliette en 2009. Passionnée de la flore, elle y est également devenue la première horticultrice.

« Elle avait une grande passion pour les arbres, raconte sa mère, Micheline Pelletier. Ce n'était pas du sang, mais de la sève qui lui coulait dans les veines. »

Selon son père, Marie-France Pelletier s'amusait par exemple à nommer tous les arbres plantés en bordure des autoroutes quand ils roulaient ensemble. Elle est malheureusement décédée, en décembre 2014, à l'âge de 39 ans, à la suite d'un cancer ravageur.

Malgré sa mort, il semble pourtant que sa passion pour la flore lui survit et inspire toujours.

Inauguration

Le 12 juillet 2017, les parents et plusieurs membres de la famille de Marie-France Pelletier ainsi que du personnel et des élus de la Ville de Joliette étaient réunis pour l'inauguration de la réserve naturelle Marie-France Pelletier.
Photo TC Media - Geneviève Geoffroy

Il y a un peu plus d'un an, en juin 2016, la Ville de Joliette annonçait qu'elle décernait son nom à la réserve naturelle située sur le chemin des Prairies, dont la création avait été annoncée quelques mois plus tôt, en mars 2016.

Puis, le 12 juillet dernier, les parents et plusieurs membres de la famille de Marie-France Pelletier, ainsi que du personnel et des élus de la Ville de Joliette, étaient réunis pour son inauguration officielle.

L'émotion était d'ailleurs palpable lors de la cérémonie.

« Ici, c'est elle. Je la vois partout, indique Jacques Prud'homme. Je viens méditer ici et lui parler, souvent. »

Pour Micheline Pelletier, nul doute que sa fille est désormais « comme immortelle ».

« Elle va veiller pour toujours sur cette forêt qui était si importante pour elle. Elle disait que c'était le poumon de la ville », poursuit-elle.

 Sur le terrain de son arrière-grand-mère

La réserve, grande comme 31 terrains de football, est située, par hasard, sur le terrain de l'arrière-grand-mère paternelle de Marie-France Pelletier qu'elle aurait aimé acquérir pour protéger la rareté de la flore qui s'y trouve, dont des ormes lièges, une espèce menacée.

Pour Jacques Prud'homme,  ce « retour dans la famille » est « au-delà de ses rêves les plus fous ».

« Nous aurions aimé l'acheter, mais nous n'avions pas les moyens », souligne-t-il.

« Laissez-moi croire que c'est un juste retour du balancier, ajoute Micheline Pelletier. Une terre ayant été cultivée par des femmes est maintenant nommée en souvenir d'une femme. Je suis certaine que Marie-France nous regarde aujourd'hui du haut de la cime des arbres. »

·         Une boucle de 2 km de sentiers

·         Une vingtaine de stationnements

·         Des bancs de parc

·         Des tables à pique-nique

·         Une œuvre d'art intitulée « Renaissance » en acier d'armature pesant 1000 livres.

L'œuvre « Renaissance » installée dans la réserve naturelle Marie-France Pelletier a été conçue par Olivier Mercure, un col bleu de la Ville de Joliette. La pièce représente une souche d'arbre, une branche et un nid d'oiseau. Elle a nécessité 200 heures de travail.