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« Un village fantôme » au cœur de la forêt?

Chertsey


Publié le 11 juillet 2017

Guillaume Petit au coeur de l'ancien chemin du gouvernement.

©(Photo TC Media - Élise Brouillette)

HISTOIRE. Les amateurs d'histoire seront sans doute fascinés d'apprendre qu'il existe, à Chertsey, au cœur de la forêt, « un village fantôme », soit des traces de l'ancien village Lafontaine de Chertsey qui fut, pendant une dizaine d'années, de 1855 à 1867 environ, le centre du canton.

Certains Chertsois, tels que Guillaume Petit, qui réside sur la rue Michel, dans le vieux village Lafontaine, et le conseiller Robert Lacombe, se passionnent pour ce pan de l'histoire de la municipalité.

Guillaume Petit est arrivé à Chertsey en 2012. Intéressé par l'histoire, il s'est mis à faire des recherches et a découvert cette histoire du village Lafontaine, qui devait être le centre du canton avant d'être démantelé, le noyau villageois ayant par la suite été déménagé à son emplacement actuel.

À l'aide de vieux plans datés des années 1850 et de documents de Bibliothèque et archives nationales, Guillaume Petit peut aujourd'hui avoir une idée de ce qui constituait le village Lafontaine.

Il se dit surpris par toutes les traces d'occupation anciennes qu'il est possible d'observer le long des chemins actuels ou abandonnés. « On retrouve des traces des anciens chemins, ils n'ont presque pas été perturbés par l'activité humaine. »

Le village Lafontaine possédait son église (construite en 1859 et démolie en 1867), son presbytère, deux cimetières, deux moulins, une école, un magasin général et des habitations. Magloire Granger, premier secrétaire-trésorier du Township de Chertsey et Cyrille Morin, premier maire, y ont résidé.

« L'église mesurait 80 par 45 pieds et le presbytère 30 par 25 pieds », précise Guillaume Petit.

En nous guidant au cœur de cet ancien village, en bordure de la rivière Jean-Venne, Guillaume Petit se plaît à imaginer la vie des colons de l'époque et à trouver des signes de leur passage. Enthousiaste, il nous fait emprunter l'ancien chemin du gouvernement, qu'aucune civilisation n'est venue abimer. C'est par ce chemin qu'à l'époque, on a voulu encourager la colonisation vers Cherstey et Entrelacs. « On voulait faire monter la colonisation de Rawdon vers Chertsey et plus au nord encore. »

Le chemin du gouvernement passait au sud du lac Daly, croisait le chemin Rochon actuel et passait dans le creux derrière le chemin Irène pour aboutir juste un peu au nord sur le chemin Michel.

Note historique: en 1856, le parlement de Québec a fait enquête sur la construction du chemin de Chertsey et son responsable, l’agent des terres Alexander Daly, à la suite d’une pétition de plus de 100 citoyens de Chertsey et Rawdon mécontents.

En nous montrant des parcelles de terrain dessouchées et aplanies, il nous fait miroiter les habitations de l'époque. « C'est évident que c'était des terres ici », insiste-t-il. Selon lui, les bords de la rivière Jean-Venne étaient cultivés entre le lac Rochon jusqu’au lac Michel.

Sur son propre terrain, il travaille pour enlever le couvert végétal et il a déjà réussi à dégager un mur de pierre et ce qu'il croit être le site de l'un des moulins. « Je touche seulement au couvert végétal, pas aux pierres. À date, j'ai aussi trouvé un fer de hache, mais je ne peux pas le dater. »

L'un des projets de Guillaume Petit est de mettre en place une visite guidée du village Lafontaine afin de permettre au public de réellement imaginer la vie en 1860. Parmi les endroits mis de l'avant, il y aurait le chemin du gouvernement, l'église et le presbytère, le moulin de Magloire Granger, le moulin de Cyrille Morin, les champs cultivés et l'école.

M. Petit opère actuellement un blogue où il parle de l'histoire de Chertsey avec de multiples références historiques. « Je trouve ça intéressant d'aller au fond des choses. »

En entrevue avec l'Action, le conseiller Robert Lacombe mentionne que le déménagement du centre du canton, qui ne concordait plus avec la réalité, a soulevé un réel tollé.

La démolition de l'église a même amené des colons, dont Cyrille Morin, à quitter l'Église catholique.

M. Lacombe mentionne que Chertsey a aussi son propre « curé Labelle », soit le curé Jean-Romuald Paré qui s'est dévoué pour amener des canadiens-français à Chertsey.  Il est considéré comme le fondateur de Chertsey.

 

L'un des vestiges du village Lafontaine sur le terrain de Guillaume Petit.

©(Photo TC Media – Élise Brouillette)