Des infirmières refusent d'amorcer leur quart de travail


Publié le 28 février 2017

Une équipe d'infirmières aurait récemment refusé d'amorcer son quart de travail au CHRDL, et ce, jusqu'à ce que l'employeur comble les absences.

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SANTÉ. Devant une situation jugée dangereuse pour les patients, une équipe d'infirmières aurait récemment refusé d'amorcer son quart de travail au CHRDL, et ce, jusqu'à ce que l'employeur comble les absences. Une mesure controversée, mais qui aurait finalement porté ses fruits.

Des sources présentes au moment des événements nous ont confié avoir ressenti un malaise par rapport aux patients pris en charge cette journée-là et aux moyens déployés pour dénoncer le manque de main-d'œuvre.  

L'équipe d'infirmières du département d'orthopédie, dont le quart de travail débutait en matinée, à 8 h,  aurait refusé d'offrir des soins durant 45 minutes, plaidant qu'il manquait du personnel et qu'il était dangereux de travailler dans ces conditions. Certains préposés se seraient joints au mouvement.

Selon le Syndicat des professionnelles en soins de santé du nord de Lanaudière, les équipes de nuit seraient restées jusqu'à 8 h 45, le matin du 11 février, par solidarité envers les infirmières qui devaient commencer à 8 h. Les patients n'auraient donc pas manqué de services, durant cette période, puisque les employés qui terminaient leur quart de nuit étaient toujours présents pour prodiguer les soins.

À 8 h 45, une infirmière provenant de l'urgence serait arrivée en renfort, à la demande du superviseur en place, pour que le quart de travail du matin puisse débuter.

« Les filles ont finalement commencé leur "shift" à 8 h 45, après que l'employeur ait trouvé quelqu'un pour combler partiellement les absences. Je n'étais pas là, mais ce que je peux dire, c'est que mes filles étaient complètement à bout de nerfs quand elles ont décidé de faire ça. C'est vraiment rendu dangereux », témoigne Stéphane Gagnon, président du syndicat.

« Il manquait deux personnes ce matin-là, selon ce que j'ai pu comprendre, et une infirmière est arrivée en renfort. C'est mieux que rien, mais il manquait quelqu'un quand même. Chaque équipe de travail a déjà 11 ou 12 patients à prendre en charge, alors vous pouvez vous imaginer ce que c'est quand il manque des ressources. Je crois que cette situation démontre vraiment à quel point tout le monde est épuisé. »

M. Gagnon précise que les événements survenus le 11 février ne constituent pas un moyen de pression organisé par le syndicat. « Elles ont vraiment décidé spontanément de faire ça, car elles en ont plus qu'assez ».

Du côté du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Lanaudière, on mentionne qu'il s'agit d'un « cas isolé » et que « la direction n'endosse pas ce type de situation ».

« [Dès] qu'elle en a été informée, [la direction] s'est empressée de s'assurer de la santé et la sécurité des usagers. La situation s'est rétablie rapidement, bien heureusement », peut-on lire dans un courriel transmis par la porte-parole de l'organisation.  

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