Un litige qui perdure au Centre d'action bénévole Émilie-Gamelin

Des plaintes de la part de bénévoles


Publié le 13 février 2017

Un litige à l'interne perdure depuis plusieurs mois, au Centre d'action bénévole Émilie-Gamelin.

©Photo TC Media - Caroline Morneau

COMMUNAUTAIRE. Ça bouge au Centre d'action bénévole Émilie-Gamelin. En plus d'une pétition qui circulait ces dernières semaines demandant la destitution du conseil d'administration, des plaintes officielles, surtout de la part de bénévoles, auraient été déposées à l'endroit de la nouvelle gestion de l'organisme.

Le litige à l'interne a débuté avant les Fêtes, à l'arrivée en poste de la nouvelle gestion. Des sources venues se confesser à L'Action affirment que 11 bénévoles mécontents auraient « démissionné en bloc » depuis novembre et que certains employés auraient été congédiés ou « poussés vers la porte ».

Ces départs, plaident nos sources, seraient principalement dus à des « changements » et à des « insatisfactions » quant à la gestion du service d'accompagnement médical.

Le Centre d'action bénévole Émilie-Gamelin, soulignons-le, effectue environ 30 000 accompagnements par année à des centaines de bénéficiaires qui n'ont pas les moyens physiques de se rendre à leur rendez-vous médical. Le service est assuré par quelque 70 bénévoles qui effectuent des voyagements à l'intérieur de la région, mais aussi vers l'extérieur, soit à Montréal, Trois-Rivières, Québec ou encore Sherbrooke. Pour se déplacer, les bénévoles utilisent leur propre véhicule ou l'un de ceux fournis par l'organisme de Joliette.

« Ça fait une différence, 11 bénévoles en moins. On est obligés, à cause de ça, de refuser des voyagements à des bénéficiaires qui ont recours à nos services depuis des années. On a même fermé dans le temps des Fêtes, je n'avais jamais vu ça », commente un plaignant qui a préféré garder l'anonymat.

Selon des documents fournis par nos sources, une dizaine de plaintes auraient été acheminées au commissaire aux plaintes du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Lanaudière, surtout de la part de bénévoles. Une pétition signée par une quarantaine de personnes (bénévoles et bénéficiaires), demandant la destitution du conseil d'administration d'Émilie-Gamelin, a par ailleurs été remise à l'organisation.

Rencontre avec le CISSSL

Contacté par L'Action, le CISSS de Lanaudière a refusé de confirmer le nombre de plaintes reçues à l'endroit du Centre d'action bénévole, ces derniers mois, plaidant qu'il « s'agit d'informations confidentielles ». On indique toutefois avoir rencontré des représentants de l'organisme, le 25 janvier, à cet effet.

« Il a été convenu lors de cette rencontre qu'un organisateur communautaire du CISSS allait accompagner [le Centre d'action bénévole] dans [sa] vie associative et que la responsable du PSOC [Programme de soutien aux organismes communautaires] au sein du CISSS allait également accompagner l'organisme », peut-on lire dans un courriel transmis par la porte-parole du CISSS de Lanaudière, Pascale Lamy.

Elle ajoute que « les suivis sont faits auprès du commissaire aux plaintes et [que] les suivis seront faits auprès des personnes concernées, le cas échéant ».

Victimes d'une vendetta

La direction générale et le conseil d'administration du Centre d'action bénévole Émilie-Gamelin, de leur côté, tiennent une version très différente des faits allégués par les plaignants.

En entretien avec L'Action, ils se disent « victimes d'une vendetta » de la part de bénévoles « qui représentent une minorité » et « qui ne lâchent pas le morceau ».

« Ce sont toujours les mêmes personnes qui se plaignent. Des gens qui nous arrivent avec des factures de kilométrage de 3000 $ à 4000 $ par mois. Des gens qui n'acceptent pas le fait qu'on essaie de mieux gérer les comptes de dépenses, parce qu'il y a eu des abus. Nous sommes un organisme communautaire, il ne faut pas l'oublier », fait valoir la directrice générale de l'établissement, Ann Soucy.

Accompagnée du président du conseil d'administration, Robert Marsolais, et du directeur adjoint de l'organisme, François Beaudry, elle assure que seulement six bénévoles ont quitté depuis novembre et que huit nouveaux ont été recrutés.

« Je ne sais pas où ils ont pris leurs chiffres, mais il est complètement faux de dire que nous avons moins de bénévoles qu'avant et que nous effectuons moins de transports. Nous ne refusons jamais d'offrir le service d'accompagnement, à moins qu'un bénéficiaire nous appelle à la dernière minute et qu'aucun bénévole ne soit disponible », dit-elle, rappelant que le volet «accompagnement»  de l'organisme  est dédié en priorité aux personnes malades, souffrant d'incapacités physiques ou mentales. Des personnes qui doivent absolument consulter leur médecin, mais qui ne disposent d'aucun moyen pour se déplacer.

« Nous ne sommes pas une compagnie de taxi et nous n'avons pas l'obligation d'offrir le service. Nous faisons de notre mieux pour servir tout le monde, mais nous n'en avons pas l'obligation. Il ne faut pas tout confondre. »

Mme Soucy soutient par ailleurs que tous les services essentiels ont été maintenus durant la période des Fêtes, contrairement à ce que prétendent certains plaignants.

« Le CISSS nous a rencontrés à cet effet. La pétition et la plainte ne sont pas valides. Le CISSS nous a proposé de nous envoyer une ressource pour nous donner un coup de main, mais rien ne nous a été imposé. C'est de l'aide qui nous a été proposée et que nous avons acceptée. »