Une école alternative en Matawinie ?


Publié le 12 février 2017

Les membres du comité: Mélissa Paquin, Yuna Paquin, Élisabeth Duplessis, Marie-Hélène, Julie Lefebvre, Emmanuelle Courtois et Michl Nicholson.

©(Photo TC Media- Mélissa Blouin)

PROJET. «Nous avons la vision d’une école où l’entraide est omniprésente, où le rythme et les besoins de chacun sont respectés, où les intérêts et l’expérimentation sont mis de l’avant et où la présence et l’implication des parents sont essentielles», a expliqué Marie-Hélène Gauthier lors de la rencontre d'information pour le projet d’une école publique alternative dans la MRC Matawinie.

Mme Gauthier fait partie du comité de parents, composé de six mamans, qui mène de front ce projet. La semaine dernière, le comité a présenté l'école à laquelle il aspire à la soixantaine de personnes qui s'étaient rassemblées au sous-sol de l'église de Saint-Damien. «Nous voulons offrir une éducation qui donne envie à nos p’tits mousses d’aller à l’école et qui illumine leurs yeux de nouvelles trouvailles», a commenté Yuna Paquin.

Le comité a ensuite expliqué qu'une école alternative est une école publique, intégrée aux commissions scolaires, dont la pédagogie est centrée sur le développement global de l’élève et qui prône une approche participative et communautaire tout en respectant le rythme d’apprentissage de l'élève par des mesures personnalisées.

Les valeurs qu'elles visent avec ce projet sont le développement de la motivation et de l’autonomie et elles souhaitent confier aux parents un rôle actif de coéducateurs afin d’aider l’enfant à être un citoyen critique, responsable et actif dans ses apprentissages.

« Le programme de formation de l'école québécoise du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport est à faire, mais c'est le chemin que nous prenons pour le compléter qui est différent», a expliqué Michl Nicholson du Réseau des écoles publiques alternatives du Québec (RÉPAQ) qui épaule le comité dans cette démarche.   

Il a mentionné que l'objectif est de laisser le plus de place possible à l'enfant et que, dans les écoles alternatives, il n'y a pas de moyenne de groupe, puisque l'élève est comparé à lui-même et que chaque enfant est différent et apprend à son rythme.

M. Nicholson a renchéri qu'il n'y avait pas de mauvais comportements ou d'élèves plus lents, mais juste des étudiants qui doivent être encadrés différemment. « Pour nous, réussir sa vie ne veut pas dire réussir l'école à tout prix. Nous voulons avant tout protéger l'enfant pour qu'il garde son authenticité, sa confiance et qu'il soit bien à l'école. »

L'élève est aussi amené à développer une grande gestion du temps puisqu'il bâtit lui-même son horaire chaque matin. L'activité principale des écoles alternatives est la confection du projet personnel de l'élève, qu'il a choisi en fonction de ses intérêts, avec lequel il fait ses apprentissages sans même s'en rendre compte.

À cela se greffent des activités obligatoires, des activités optionnelles et des cours plus réguliers comme l'éducation physique, les mathématiques ou l'anglais. Les élèves passent d'ailleurs les examens du Ministère comme ceux des autres écoles.

Avancement du projet

Après avoir réalisé plusieurs rencontres et visité de nombreuses écoles alternatives, les membres du comité travaillent présentement à la rédaction de l'avant-projet qu'elles souhaitent présenter à la Commission scolaire à l'automne 2017.

Si l'avant-projet est accepté, elles travailleront avec la Commission scolaire pour concrétiser le projet et visent une ouverture en 2018. Selon elles, la plupart des projets d'école alternative peuvent prendre deux à trois ans avant de se réaliser.

La première école dite alternative a vu le jour en 1974 et depuis 1976, une trentaine d’écoles alternatives ont été créées, en majorité par des parents. Aujourd’hui, il y a environ 34 écoles publiques alternatives, dont 29 primaires et 5 secondaires.

De son côté, la Commission scolaire des Samares a mentionné qu'elle n'est pas fermée à étudier le projet, mais que la démarche doit être respectée et que tous les éléments importants doivent être réalisés par le comité de parents avant qu'il ne soit déposé.

«La Loi sur l’instruction publique précise que l’établissement d’une école alternative est exceptionnel. Il doit répondre à une demande d’un groupe de parents. Le projet doit être déposé à la Commission scolaire et soumis à la consultation du comité de parents. Par la suite, la demande peut être acheminée au ministère», a commenté la Commission scolaire.

Pour plus d'informations, vous pouvez visiter la page Facebook projet d'école alternative Matawinie.

Les gens présents se sont montrés très intéressés en posant plusieurs questions.

©(Photo TC Media- Mélissa Blouin)