Mine de graphite à Saint-Michel: un projet de 145 M$

Caroline Morneau caroline.morneau@tc.tc
Publié le 22 juin 2016
Selon une étude économique préliminaire, l'ouverture d'une mine de graphite près de Saint-Michel-des-Saints impliquerait des investissements de départ de 144,5 M $, aux environ de 2019.
Photo: gracieuseté

ÉCONOMIE. Les résultats d'une étude économique préliminaire sur la potentielle exploitation de graphite au sud-ouest de Saint-Michel-des-Saints ont officiellement été présentés, le 22 juin. Le démarrage des activités nécessiterait des investissements de départ de 144,5 M$ et permettrait la création de 250 emplois directs et indirects en Haute-Matawinie.

« On calcule que ce montant est requis pour l'ouverture de la mine. À cela, on ajoute des coûts d'opération annuels évalués à 33 M$, ce montant incluant la main d'œuvre », explique Eric Desaulniers, géologue et président de l'entreprise Nouveau Monde, qui chapeaute le projet.

Selon l'étude réalisée, les capitaux requis pour le démarrage des activités seraient remboursés sur environ trois ans et demi, incluant les taxes. Rappelons que les promoteurs souhaitent utiliser le graphite pour la fabrication de batteries au lithium, notamment convoitées dans le marché en croissance de la voiture électrique.

« Selon les besoins du marché et la qualité de la ressource, on prévoit des revenus d'environ 95 M$ par année, une fois la mine ouverte. »

Comme l'avait déjà révélé L'Action dans un précédent article, l'important dépôt de minerais découvert permettrait de produire environ 50 000 tonnes de graphite concentré par an. La pureté du concentré serait très élevée par rapport à la compétition mondiale, soutient le géologue.

Plusieurs études à réaliser

Outre les 145 M$ requis pour le démarrage des activités, l'entreprise calcule qu'une somme de 10 M$ sera nécessaire pour l'obtention d'un permis de mine, d'ici les deux prochaines années. Cette somme serait notamment utilisée pour la réalisation d'études de faisabilité et d'analyses sur les impacts environnementaux et sociaux.

Plusieurs investisseurs sont sollicités par l'entreprise, dont la Caisse de dépôt, le Fonds de solidarité-FTQ, le gouvernement du Québec et Desjardins, déjà actionnaires dans le cadre du projet. La compagnie a également demandé le support financier d'Investissement Québec.

« L'étude économique préliminaire réalisée est une importante étape de franchie. Mais il en reste beaucoup à faire encore. On prévoit pouvoir ouvrir une mine d'ici 2019-2020. »

Ces dernières années, 5 M$ ont été investis en exploration, et ce, sur 10 000 km de territoire, incluant le nord de la Matawinie.

Nouveau Monde a commencé à examiner le site où serait logée la potentielle mine à l'automne 2014. Les gisements se trouvent près d'une montagne située au sud-ouest de Saint-Michel, non loin du Lac-aux-Pierres et du Domaine La Grange. La zone a été nommée « bloc Tony », en l'honneur du géologue qui en a fait la découverte, Antoine Cloutier.

Rappelons que 13 chalets sont répertoriés dans un rayon d'un kilomètre du potentiel site d'extraction. Plusieurs villégiateurs concernés se disent inquiets des impacts possibles du projet sur la valeur de leur propriété et sur l'environnement.

Si le projet se concrétise, Nouveau Monde promet que la mine sera mise sur pied « dans le respect de tous ». Ceux qui le souhaitent pourraient notamment profiter d'une offre d'achat par l'entreprise, selon la valeur du marché.

« On veut qu'il n'y ait que des gagnants dans tout ça, incluant les résidents à proximité ».