Soutien aux élèves handicapés: 100 000 $ d'allocations en moins

Caroline Morneau caroline.morneau@tc.tc
Publié le 2 juillet 2015
La Commission scolaire des Samares (CSS) dit avoir perdu 100 000 $ de subventions, pour l'année 2014-2015, en soutien aux élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA).
 
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La Commission scolaire des Samares (CSS) dit avoir perdu 100 000 $ de subventions, pour l'année 2014-2015, en soutien aux élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA).

Le directeur des services éducatifs aux Samares, François Morin, précise que le gouvernement doit valider, tous les ans, les dossiers des nouveaux élèves diagnostiqués EHDAA par des professionnels à la commission scolaire. D'autres qui fréquentent les écoles de la région depuis quelques années doivent être réévalués. Auparavant, les représentants du bureau régional du ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport (MELS), lesquels desservaient Laval, Lanaudière et les Laurentides, autorisaient les rapports soumis. Depuis la récente abolition de l'instance, la tâche est confiée directement à Québec.

«Pour évaluer un élève, on se fie à des barèmes précis, les mêmes que ceux énoncés par les anciens bureaux régionaux. Le problème, c'est que ces barèmes ne concordent pas tout à fait avec ceux utilisés au ministère (MEESR)», fait valoir M. Morin.

De ce fait, six jeunes EHDAA de la CSS n'ont pas été validés par le gouvernement en 2014-2015. D'autres ont été reconnus avec un handicap plus léger que ce qui leur avait été préalablement diagnostiqué. La Commission scolaire des Samares s'est donc vu attribuer une somme au-deçà de ses attentes en termes d'allocations. Un montant de 100 000 $ prévu dans son budget en offre des services spécialisés pour ces étudiants n'a pas été remboursé. «Il est important de dire que nous leur avons quand même offert l'aide nécessaire. C'est juste qu'on n'a pas bénéficié de subventions.»

M. Morin ajoute que la CSS n'a pas trop souffert de cette situation en comparaison avec d'autres commissions scolaires. «Aux Affluents, les pertes se situent à près d'un million de dollars.»

Critères

Afin de déterminer la nature de la déficience d'un élève, une évaluation diagnostique est réalisée, dans un premier temps, par un personnel qualifié à la commission scolaire. Pour qu'il bénéficie de services particuliers et pour que son dossier soit validé par le ministère, l'étudiant doit démontrer des incapacités et des limitations d'apprentissage ou sociales liées à son trouble, et ce, au regard du Programme de formation de l'école québécoise. Finalement, des mesures d'appui sont mises en place pour permettre au jeune d'évoluer en milieu académique.

«Il faudrait que le ministère mette à jour les documents énonçant les critères de validation pour ces élèves», indique M. Morin. Il cite en exemple le Guide d'organisation des services éducatifs aux élèves EHDAA produit en 2007 par le MELS, lequel serait désuet.

«On voudrait aussi que les étudiants ne soient pas classés de manière trop catégorielle. C'est du cas par cas et chacun a des besoins particuliers. Le problème, c'est qu'une grande distance nous sépare du ministère maintenant et l'approche est moins personnalisée.»

Ainsi, une résolution a été adoptée, lors de la dernière réunion des commissaires, demandant au MEESR de clarifier et d'optimiser ses conditions de reconnaissance des élèves EHDAA. Elle propose aussi de réévaluer les demandes modifiées ou carrément refusées en 2014-2015 en appliquant les mêmes barèmes qui ont été utilisés par les directions régionales du MELS en 2013-2014.

«On compte retravailler les dossiers des jeunes invalidés cette année et peut-être obtenir des subventions rétroactives pour 2015-2016.»