Louis Cyr, en respect de ses dernières volontés

Une messe commémorative en son honneur

Anne-Marie Duquette anne-marie.duquette@tc.tc
Publié le 11 novembre 2012

Louis Cyr peut maintenant reposer en paix. L’homme fort Mathalois a enfin eu droit à des obsèques conformes à ses dernières volontés, et ce, cent ans jour pour jour après sa mort. Cette messe commémorative s’est tenue en l’église bondée de Saint-Jean-de-Matha, dans les règles de l’art, le 10 novembre dernier.

«On ne peut refaire l’histoire, mais on peut reconnaître quelqu’un», a déclaré l’abbé Raymond Gravel, célébrant. Cette messe diacre sous-diacre, réclamée par Louis Cyr, s’est voulue solennelle, riche de finesse, sublimée par le Chœur du Musée d’art de Joliette interprétant, entre autres, Liszt et Requiem de Mozart.

Au-delà de sa légendaire puissance, l’homme fort s’est fait rassembleur en vertu de ses derniers vœux respectés en ce jour. De même, le Père Jean Isma a souligné l’héroïsme de celui qui «portait haut la flamme», gardant fierté et authenticité dans ses valeurs chrétiennes et québécoises. «En reste-t-il des héros comme lui qui nous rendent fiers de ce que nous sommes ?», a-t-il demandé, en réflexion.

La cérémonie a notamment servi sa mémoire, les orateurs mentionnant sa générosité sans borne, sa dignité de Canadien-Français et son amour pour Mélina Comtois, son épouse Mathaloise. ««Le monde entier connait ta force physique, mais nous on a connu la noblesse de ton cœur», a assuré Pierre-Michel Gadoury, vice-président des Compagnons de Louis-Cyr. Ce dernier, petit-fils du non moins légendaire Donat, a-t-il ainsi rendu hommage au défunt lors d’un éloge commémorant sa vie dans Lanaudière : «C’est ici que tu as vécu la plus grande partie de ta vie, et c’est ici, avec tes amis, que tu prends le repos mérité.»

L’événement, organisé par les Filles d’Isabelle, les Chevaliers de Colomb et les Compagnons de Louis-Cyr, s’est déroulé en présence, entre autres, de l’écrivain Paul Ohl, auteur de la biographie Louis Cyr, une épopée légendaire, dont la sortie de la version cinématographique est prévue pour l’été 2013. De plus, Sylviane Soulaine-Couture, conseillère municipale de Saint-Cyprien-de-Napierville, représentait la municipalité dans laquelle naquit l’homme fort.

Ce service funèbre a répondu aux vœux de Louis Cyr. Ce dernier, par testament, avait demandé une inhumation à Saint-Jean-de-Matha, un cercueil en métal ou doublé de métal avec double tombe en pin ou cèdre, un monument à 150 $ et services de première classe. Dans les faits, rien ne s’est passé en conformité. Une sombre histoire de famille en serait à l’origine. L’homme légendaire est décédé le dimanche 10 novembre 1912 à Montréal, et sa dépouille devait être rapatriée à Saint-Jean-de-Matha le mercredi suivant. Le 12 novembre, suite à un conseil familial, il a été décidé de mettre son corps en charnier au cimetière Notre-Dame de la Côte-des-Neiges, soit près de la demeure de son gendre, le docteur Zénon Maxime Aumont. Ce n’est qu’en janvier 1913, sur ordre de la Cour du Québec, que le héros a pu enfin être mis en terre dans la municipalité lanaudoise.