Graymont: quand la crise économique favorise l'innovation

Alexis
Alexis Beaudet
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Réduction de 46% des émissions de So2 sur trois ans

Pour fabriquer de la chaux, il faut extraire le Co2 de la roche calcaire. Donc, forcément, il y a production de Gaz à effet de serre (GES). La bonne nouvelle, c'est que l'équipe chargée des innovations environnementales de Graymont est basée ici, à Village-Saint-Pierre.

L'usine de Graymont produit moins depuis la crise économique, mais, à voir les innovations qui y sont développées, elle produit aussi mieux.

«Depuis la crise économique de 2008, l'industrie papetière a ralenti, ce qui nous place en surcapacité partout au Québec», relate le surintendant de l'usine Graymont à Joliette, Marc Lépine. Les papetières étant friandes de chaux, l'usine a donc dû regarder ailleurs pour assurer sa croissance.

Vertus insoupçonnées

Or, si la chaux produit des GES lors de sa production, elle a aussi la propriété d'absorber divers polluants comme le soufre (So2), les halogènes gazeux et le chlorure d'hydrogène.

«Avec les normes environnementales qui s'en viennent plus strictes, certaines industries comme les aciéries deviennent intéressées par la chaux», explique M. Lépine. L'«unité mobile d'épuration des gaz», développée ici, est donc en demande croissante.

Graymont applique la recette à sa propre usine. Le directeur de l'environnement pour l'Est du Canada chez Graymont, Alexandre Renaud, salue cette innovation. «En trois ans, dit-il, nous avons observé une diminution de 46% de nos émissions de So2 par tonne de chaux grâce à ce procédé».

Recherche et développement

Un autre facteur qui a permis à l'usine de Village-Saint-Pierre de survivre à la crise réside dans le fait que, pour toute l'Amérique du Nord, les innovations environnementales y sont développées par une équipe d'une vingtaine d'ingénieurs, dessinateurs et techniciens. «Sans cette équipe, on aurait peut-être dû fermer», dit M. Lépine.

Des combustibles alternatifs, comme la farine animale et la biomasse sont d'abord développés puis testés à Village-Saint-Pierre. Par contre, «on n'a pas eu le feu vert pour les employer ici pour le moment», affirme le surintendant en espérant que le marché reprenne suffisamment pour rentabiliser de nouveaux investissements.

Actionnaires vs propriétaires

Graymont brille aussi par son absence en bourse. «Quand on développe une initiative environnementale, on n'a pas besoin d'avoir un "payback" rapide», dit M. Lépine. «D'ailleurs, le mot d'ordre a été lancé et la compagnie investit massivement dans la recherche – ce qui serait plus difficile avec une compagnie d'actionnaires».

Parmi les autres initiatives de l'usine de Graymont, notons la récupération des matières en suspens, le balayage des rues environnantes et la création d'un comité environnemental formé d'employés conscientisés.

En outre, l'usine de Village-Saint-Pierre est la première du groupe à être parvenue, en 2011, à récupérer 100% de ses poussières de concassage dans la chaux agricole.

Organisations: Graymont

Lieux géographiques: Village-Saint-Pierre, Québec, Joliette Canada Amérique du Nord

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