Holcim: 40% de l'énergie thermique provient du recyclage

Alexis
Alexis Beaudet
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

«Le meilleur compromis à l'heure actuelle»

À Joliette, la cimenterie Holcim ne se raconte pas d'histoires. «C'est sûr qu'on produit des GES, reconnaît le directeur général Gilles Paquin. Ça fait partie du procédé». Sauf que l'usine fait sa part: 40% de ses gargantuesques besoins thermiques sont comblés par des matériaux recyclés.

La cimenterie utilise déjà l'énergie calorifique des pneus usés depuis près de 15 ans. Naturellement, elle n'est pas seule dans l'industrie et les rebuts d'un siècle d'histoire automobile commencent à s'amenuiser. Il faudra donc regarder ailleurs.

Un bon exemple de diversification réside dans le vaste réseau de récupération qu'une filiale de l'entreprise, Géocycle, a su instaurer. Le Centre de Valorisation Mario Charrette, dont l'immense tente est située en bordure de la cimenterie, utilise ensuite ces rebuts pour développer un produit maison: c'est le Combustible Granulaire Mixte (CGM), que l'on surnomme «fluff» à l'usine.

On y retrouve toutes sortes de choses: vieux tapis, bardeau d'asphalte, couches de bébés …et même les boues usées de Laval. «Ce qu'on essaie de faire, c'est développer un produit environnemental hautement calorifique, affirme le M. Paquin. C'est le meilleur compromis à l'heure actuelle».

Polluer coûte cher

L'objectif avoué de cette opération? Réduire la consommation de combustibles fossiles, coûteux responsables des émissions de gaz à effet de serre (GES). «Au lieu d'aller creuser un trou quelque part, on réutilise des matériaux qui iraient dans un dépotoir», dit l'ingénieur Benoît Provencher.

M. Paquin prétend que le CGM et les autres matières recyclées ont permis à l'usine d'abaisser de 20% sa production de GES par rapport à 1990. Au niveau global, la multinationale est membre du Dow Jones Sustainability Index et veut atteindre 25% de réduction des GES par rapport à 1990 d'ici 2015.

«On n'a pas les moyens de polluer», lance l'ingénieure Geneviève Roy. «Au-delà de l'aspect social de l'environnement, dont la survie de la planète, il faut voir qu'un four qui pollue, c'est un four qui va mal».

Agir localement

Dans l'avenir, Holcim pourrait doter Joliette d'un nouveau modèle de four qui a récemment été installé au Missouri. En récupérant les gaz des cheminées pour le préchauffage, ce nouvel équipement parvient à produire 4 millions de tonnes de ciment annuellement, alors que Joliette a bouclé une année record de 1 million de tonnes en 2011 avec …quatre fours.

Mais ce n'est pas gagné. «Ce sera aux actionnaires de choisir s'ils veulent investir pour améliorer la productivité, dit M. Paquin. En attendant, rien ne nous empêche de développer des projets».

En outre, il est bon de savoir que la cimenterie vend ses rebuts industriels à Agro100, qui en fera des engrais de phosphate. «On récupère absolument tout, même la poussière sur le sol et les déchets de table qu'on composte, dit M. Paquin. Il n'y a pas un camion de vidange qui vient ici».

Organisations: Holcim, Centre de Valorisation Mario Charrette, Dow Jones

Lieux géographiques: Laval, Joliette, Missouri

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires