Pollution sonore: Joliette n'y échappe pas

Élizabeth
Élizabeth Ménard
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

La pollution sonore est considérée comme un problème de santé publique par l'Organisation mondiale de la santé. Malgré le fait qu'il s'agit d'un phénomène relativement nouveau, Joliette n'est pas épargnée par cette nuisance.

Le parc industriel Nazaire-Laurin ne fait pas le bonheur de tous les habitants de Joliette.<@CP> Photo Jean Chevrette

«Viens t'asseoir dans le salon chez-nous. T'en reviendra pas!» s'exclame Mme, Claude Geoffroy, citoyenne du quartier Ste-Thérèse.

Résidant près du parc industriel Nazaire-Laurin depuis une trentaine d'années, la femme de 57 ans vit avec du bruit en permanence. Mais, elle ne s'est pas habituée pour autant. «Le jour, je pourrais endurer, mais quand ça arrive la nuit, c'est là que ça me dérange», dit-elle.

Selon elle, il y a certains jours, le bruit commence vers 4h du matin, pour ne s'arrêter que vers 23h.

Au Québec, la règlementation du bruit est de juridiction provinciale et s'établit selon le zonage. Sur le terrain d'une habitation en zone industrielle, le bruit peut atteindre 55 décibels (dB) le jour et 50 la nuit.

Pour comparer, un climatiseur atteint environ 50 dB et une conversation normale, 55 dB. C'est donc dire que Claude Geoffroy vit avec deux personnes qui ont une conversation continuelle dans son salon.

Il faut également considérer le fait que certains bruits n'ont pas nécessairement un niveau sonore élevé, mais peuvent tout de même être dérangeants s'ils sont répétitifs.

La pollution sonore s'évalue surtout selon ce qui est ressenti. Lorsque le bruit devient dérangeant, il s'agit de pollution.

Où trouver de l'aide?

Claude Geoffroy salue l'initiative d'Holcim qui a investit plus d'un million$, depuis 2004, pour réduire le bruit qui émane de l'usine. Mais elle affirme que, depuis quelques années, des «nouveaux bruits» se font entendre.

«Il y a beaucoup de bruit qui vient du parc industriel. Est-ce que ça vient de la carrière? Je ne sais pas, dit-elle. C'est un genre de grondement, mais qui n'est pas continu. Ça monte, ça monte et puis, un moment donné, ça arrête. Ensuite ça recommence», raconte-t-elle.

La femme soutient avoir informé la Ville de la situation à maintes reprises. «Ils ne vous envoient pas promener, mais…Vu leur position, ce sont eux qui font le moins d'efforts», juge-t-elle.

Est-ce que le bruit qui émane du parc industriel Nazaire-Laurin dépasse le niveau permis par la loi? Pas moyen de savoir.

Comme elle ne sait pas d'où provient le bruit qu'elle entend, Claude Geoffroy n'arrive pas à trouver de l'aide auprès des instances.

«M. Leduc [Richard Leduc, conseiller du quartier Ste-Thérèse] m'a dit: si vous ne connaissez pas la provenance du bruit, comment voulez-vous que je vous aide?» raconte-t-elle.

La femme se demande si elle devra elle-même payer pour une étude de bruit. «Est-ce que c'est à moi, en tant que citoyenne, de faire ça?»

La Ville réplique simplement que Mme. Geoffroy doit faire parvenir une plainte par écrit et «en bonne et due forme» si elle veut qu'il y ait suite.

Organisations: Holcim, Ville de la situation

Lieux géographiques: Quartier Ste-Thérèse, Joliette, Québec

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires