Délinquance, intimidation, suicide chez les adolescents font la manchette. Pourtant, plusieurs organismes jeunesse, dont font partie les cadets de la Marine royale canadienne, participent activement à l'équilibre individuel et social des jeunes. Rencontre avec Karine Thériault, Lieutenant de Vaisseau du Corps de Cadets 206 Joliette.
Ils ont entre 12 et 18 ans. Comme chaque vendredi soir, ils procèdent à la cérémonie de la levée des drapeaux. Un peu en retrait, les recrues fraîchement intégrées y assistent. Les motivations de ces néophytes sont diverses. Certains y sont de leur plein gré. Âgée de 12 ans, Dania Champagne s'est portée volontaire pour devenir membre des cadets. «J'aime la discipline, et surtout travailler en équipe avec mes amis. Ce n'est pas comme ma mère me l'avait dit, c'est plus relax, on ne se fait pas engueuler…Et j'ai tellement hâte au camp d'été! », confie-t-elle candidement.
En fait, trois buts sont fixés, soit de devenir un bon citoyen canadien, de maintenir une bonne forme physique, et de favoriser la navigation. Pour ce faire, les jeunes participent, entre autres, régulièrement à des exercices de biathlon, des activités nautiques, de même qu'à des cours théoriques sur le civisme, le leadership, et les premiers soins. Mme Thériault explique: «Ça s'est beaucoup assoupli avec les années. Nous sommes loin du "boot camp". Tout se fait dans le respect des autres, de la hiérarchie, mais nous avons besoin de jeunes qui ont des qualités de leader, tout en sachant se conformer à un groupe. Avec l'uniformité, les cadets n'ont plus de barrière, ni de restriction causée par leur classe sociale ou leur ethnie.» Idem pour les handicaps physiques, puisqu'un jeune trisomique a déjà fait partie des rangs, de même que plusieurs "cadets Ritalin", affectueusement accueillis par le groupe.
L'intimidation est un sujet pertinent chez les cadets, le décès de la jeune Marjorie Raymond en a secoué plusieurs. La lieutenante mentionne: «C'est "tolérance zéro" ici pour la violence physique et verbale. Avant, nous axions beaucoup sur la formation contre les abus de pouvoir et sexuels. Aujourd'hui, nous avons ajouté la résolution de conflits, en faisant comprendre aux jeunes qu'ils doivent réfléchir avant de poser un acte, parce que l'impact est toujours plus important que l'intention.»
Les jeunes sont formés à la discipline, et leur curiosité face à la navigation devrait être satisfaite par les activités de rafting, de plongée sous-marine, de séjour en baleinière, et d'initiation au matelotage. «Nous sommes un peu comme les scouts, à la différence qu'il y a six officiers militaires, en plus des instructeurs civils qui veillent à la formation», commente Mme Thériault, avant d'ajouter: «Nous sommes formés par la Défense nationale à l'instruction des jeunes, et en gestion de crise, et ici, c'est gratuit.»
Pour de plus amples informations: www.ccmrc206joliette.com
