C'est un Guy Chevrette visiblement en forme qui est monté sur la tribune de la Chambre de commerce du Grand Joliette lundi. De 1976 à 2002, celui-ci a été député-ministre du comté de Joliette à Québec. Il est, depuis 2005, président et directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec, une industrie de 300 usines et de 190 000 emplois directs et indirects.
Cette industrie, a-t-il confié, vit plusieurs crises. On pense évidemment à la montée du dollar canadien, au nombre de mises en chantier qui piquent du nez aux États-Unis, «sans oublier la taille de nos usines. La plus grosse est, au mieux, dans la moyenne des usines en Colombie-Britannique», a-t-il souligné.
L'industrie de l'automobile, affectée par la crise, a bénéficié de neuf milliards de prêts d'Ottawa afin de venir en aide à trois communautés ontariennes. «L'industrie forestière représente des milliers d'emplois de plus dans 250 localités québécoises mais notre force démographique n'est pas la même. Nous n'avons rien eu parce que nous n'avons pas de force politique», a-t-il clamé avant d'échapper, comme un soupir : «Ah, si j'avais 20 ans de moins !»
«Si nous voulons maintenir nos services en santé et en culture, il faut accroitre la richesse. Le Québec ne peut repartir avec rien. J'ai confiance que l'industrie forestière va s'en sortir. N'ayez crainte, côté développement durable, les entreprises pensent, elles aussi, à l'avenir.»
Ex-maire de Saint-Michel-des-Saints, Marcel Champagne a confié à l'auditoire être désolé que les deux industries de transformation de sa localité soient, depuis des années, au point mort. «Les camions de «pitoune» nous passent sous le nez mais on ne la traite plus. Faudrait-il être un peu plus mauvais et fermer la route ?»
La solution, a répondu Guy Chevrette, n'est pas dans la confrontation. «Mais parlez, revendiquez !»
Me Robert Gagnon a demandé à son vieil ami s'il regrettait que le Grand Joliette n'ait pas fusionné. «J'étais pour les regroupements à Chicoutimi, Québec et Montréal. En déplaise à mes collègues du temps, Louise Harel et Lucien Bouchard, je serais encore contre la fusion dans le Grand Joliette. Les ententes de services ont suffi.»
Âgé de 70 ans, Guy Chevrette a confié que son mandat se terminera en décembre. Il songe déjà aux voyages qu'il entreprendra de par le vaste monde.
Le conférencier a été présenté par le préfet de la MRC Matawinie, Gaétan Morin. Celui-ci a évoqué les carrières d'enseignant et de syndicaliste de Guy Chevrette, son rôle à la Commission Cliche et ses différents ministères. «En deux minutes, Gaétan Morin en a dit plus à mon sujet que le livre Histoire de Lanaudière», a lancé, d'un ton moqueur, l'ex-politicien.
Chevrette en colère
Industrie forestière
«J'ai confiance que le nord de Lanaudière va, un jour, tirer son épingle du jeu dans l'industrie forestière. Le gros bon sens va triompher. On pourrait même voir poindre des usines d'éthanol à partir du bois. Mais, pour l'instant, ce qui m'enrage, c'est que nos politiciens, peu importe le parti, dirigent comme des golfeurs, en fonction du vent.»
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