Mercredi dernier, mon collègue Louis Cornellier écrivait, dans sa chronique intitulée « Le parti de Legault : une mauvaise nouvelle », qu’il souhaitait voir échouer le projet de création d’une nouvelle alternative politique au Québec. Avec tout le respect que j’ai pour mon collègue, je me permets aujourd’hui de lui répondre.
Car c’est réellement ce dont a besoin notre province : un vent de fraîcheur. Le cynisme a atteint son paroxysme, les électeurs, écœurés par les scandales de corruption, perdent progressivement confiance en nos partis politiques «traditionnels». Mais ce n’est pas tout : la sempiternelle « question nationale », qui monopolise les débats sociaux depuis près de cinquante ans, a fini par gangréner le système politique québécois en détournant notre attention des vrais enjeux sociaux. Depuis la Révolution tranquille, nous avons mis de côté les véritables débats d’idées, traditionnellement entre la gauche et la droite, pour diviser l’échiquier politique entre souverainistes et fédéralistes. Les principaux partis politiques, tous de centre-gauche ou presque, font preuve de très peu de créativité, se contentant souvent de nous proposer la même chose dans des mots différents.
Or, le Québec n’a pas les moyens de ses ambitions. L’État-providence que défend M. Cornellier a contribué à gravement endetter le gouvernement qui paye désormais «l’épicerie» sur sa carte de crédit. Avec une dette brute dépassant les 150 milliards de dollars, le Québec est la province la plus endettée du Canada et cette dette devrait augmenter de 29 milliards supplémentaires d’ici cinq ans.
Qui payera la facture? Sans doute ma génération et celles qui suivront. On refile nos dettes à nos enfants! À l’heure où la souveraineté ne semble pas réalisable à court ou moyen terme, après avoir perdu deux référendums en 30 ans, je vois d’un bon œil que nous mettions de côté, ne serais-ce que temporairement, ce débat interminable pour nous concentrer sur des problèmes beaucoup plus urgents (santé, éducation, économie, infrastructures).
Si M. Cornellier aime qu’on lui répète la même chanson depuis un demi-siècle en se faisant croire que tout va bien, c’est son droit. Pour ma part, je crois que le paysage politique québécois a besoin d’un sérieux coup de plumeau et ça, seul un nouveau parti peut le faire.


