Melançon: une question de confiance

Raphaël
Raphaël Melançon
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Ça y est. Pour la première fois cette semaine, j’ai fait une « overdose » de Bastarache. Plus moyen de passer une journée sans en entendre parler, alors que de toute évidence on nous rit à la figure, à coups de millions, sachant bien que peu de choses devraient sortir de ce combat de coqs.

Mais la question demeure : qui nous ment?

 

Le cirque qu’est devenu la Commission Bastarache ne contribue en rien à rétablir la confiance de la population envers ce gouvernement Charest qui, après sept années de loyaux services, commence à sentir l’usure du pouvoir. La Commission Bastarache n’est que l’un des nombreux épisodes qui ont contribué à faire naître un sentiment général de cynisme, de désillusion face non seulement au gouvernement en place, mais à la classe politique en général. Car même si la population se dit en bonne partie insatisfaite du gouvernement, qu’elle dit avoir perdu confiance à cause du refus de celui-ci de mettre sur pied une commission d’enquête sur la construction, elle ne voit pas davantage en l’opposition officielle une alternative crédible. C’est l’impasse démocratique.

 

C’est sans compter les révélations du magazine MacLean’s cette semaine concernant la «province la plus corrompue du Canada», qui n’ont rien pour améliorer la situation. Sommes-nous vraiment la pire des provinces? La question se pose, mais chose certaine, le Québec n’est pas blanc comme neige. Il suffit d’observer la levée de boucliers de nos élites politiques suite aux révélations de MacLean’s, qu’on a accusé de faire du « Québec bashing », pour constater combien la question de la corruption crée un malaise. Nul moyen de se questionner : tout est beau, le ciel est bleu, n’en parlons plus!

 

Notre démocratie est malade. Elle souffre d’une carence de confiance et d’une épidémie de cynisme.

 

Le gouvernement n’a plus le choix. Il doit déclencher une fois pour toutes une commission d’enquête publique sur la construction afin de rassurer la population qui le réclame d’une voix quasi unanime – plus de 80% des Québécois se sont dits en faveur d’une telle commission – depuis avril 2009. Nous pourrons alors faire toute la lumière sur ces allégations de corruption, chose que le mandat limité de Bastarache ne permet malheureusement pas.

 

Raphaël Melançon

Organisations: Commission Bastarache, Commission d’enquête publique

Lieux géographiques: Québec, Canada

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