C'est aussi le cas dans Lanaudière, particulièrement dans le sud où des villes comme Terrebonne et Repentigny ont accru considérablement l'offre de plateformes sportives. Le centre de Terrebonne a de quoi rendre envieux: on y trouve un aréna à deux glaces intégrant une piscine olympique, une piscine de plaisance, des locaux de gymnastique et un centre de conditionnement physique. S'est ajouté à ce complexe, un centre intérieur de soccer qui loge à quelques dizaines de pieds du complexe sportif.
Pendant ce temps, autour de la capitale régionale, la liste des nouveaux équipements sportifs érigés depuis vingt ans tiendrait sur une seule ligne. Et encore, il s'agit bien plus de réfection que de nouveaux équipements. Je fais référence ici à la reconstruction de la piscine du Cégep de Joliette et la réfection de la glace du centre Marcel-Bonin.
Depuis quelques mois, la Commission scolaire des Samares pilote un projet de complexe multisports sur le site de l'école polyvalente Thérèse-Martin. Les municipalités du grand Joliette ont donné leur accord et se sont engagées à une participation pécuniaire. Il ne manque que l'apport financier du gouvernement du Québec. Le temps passe et les annonces de subventions sont toujours destinées à d'autres villes, d'autres régions.
On attendait une réponse pour le printemps dernier, puis pour l'automne. Toujours rien à l'horizon. C'est à se demander si la population de Joliette n'est pas boudée par le gouvernement libéral en raison de ses choix politiques et des allégeances de plusieurs de ses dirigeants. En certains milieux, on se pose sérieusement la question.
Au plan sportif, la région de Joliette présente un piètre bilan. Le centre Marcel-Bonin ne répond plus à la demande depuis déjà longtemps. Beaucoup d'hockeyeurs doivent aller pratiquer leur sport à l'extérieur, lorsqu'ils n'ont pas la chance de bénéficier d'un horaire presque nocturne à Joliette.
Pendant longtemps, les dirigeants de la Ville de Joliette refusaient même d'en entendre parler argumentant que sa population vieillissante ne justifiait pas qu'elle investisse seule dans un projet de nouvel aréna.
La situation a bien changé depuis. Les élus ne se sont pas fait tordre les bras pour allonger quelques dollars dans le projet de la Commission scolaire des Samares. Et on commence timidement à entendre parler d'un projet d'aréna avec ou sans la participation du secteur privé.
Les maires de Joliette, Notre-Dame-des-Prairies et Saint-Charles-Borromée sont bien heureux de voir que de nombreuses jeunes familles s'établissent chez eux. Encore faut-il qu'on puisse occuper ces jeunes adolescents et leur offrir l'occasion de dépenser leur trop-plein d'énergie. C'est le meilleur remède pour prévenir la délinquance. Je préfère de loin que mes taxes servent à créer des lieux où les jeunes pourront bouger que d'investir dans l'augmentation des effectifs policiers.
Au Québec, on prend conscience de l'importance de l'activité physique. Le constat des spécialistes de la santé, c'est que nos jeunes sont le plus souvent rivés à des écrans d'ordinateur et ne bougent pas suffisamment. Cette situation risque d'entraîner des complications de santé à l'âge adulte. Avec l'aide de la Fondation Chagnon, divers programmes sont développés afin de favoriser l'activité physique chez les enfants et les adolescents. On se rend bien compte que la facture pourrait s'avérer lourde si on se retrouve dans quelques années avec de jeunes adultes obèses et diabétiques.
Le rôle de nos élus n'est pas seulement de se faire photographier auprès d'un bébé d'une famille de nouveaux arrivants, c'est aussi de préparer les conditions pour faire en sorte que ce bébé puisse s'épanouir en santé. Un terrain intérieur de soccer, ce serait déjà un bon début, mais nettement insuffisant pour peu que le virage familial de nos conseils municipaux représente davantage qu'un slogan.
André Nadeau
