«Ce séjour m'a transformé», raconte l'ex-curé de la communauté berthelaise, en année sabbatique. Il en parle comme d'un choc culturel. «Dans le fond, je me suis fait prendre au jeu», assure-t-il. Des voyages effectués en sacerdoce, c'est celui qui l'a le plus dérangé.
Un moisL'abbé Sauvageau a passé le mois de février dans la ville de Citala, une communauté de quelque 6,000 personnes de la province de Chalatenango au Salvador. Il a fait le voyage en compagnie d'une dizaine d'autres Québécois, dont un prêtre de la Beauce, se rendant y donner bénévolement de leur temps.
Mise en place en 2003 par l'abbé Réjean Lachance, la Mission El Salvador était le point de rendez-vous. Un centre communautaire est en construction dans ce secteur dont la moitié des gens vivent dans la brousse. C'est un endroit abrupt, au sommet d'importantes montagnes. Il n'y a qu'un arpent et demi de terrain plat, parmi de nombreux arbres.
Les gens travaillent au pic et à la pelle. Il n'y a pas de tracteur ou d'autres pièces de machinerie. Pas plus que d'animaux pour donner un coup de main.
Pendant que d'autres de ses compagnons de voyage ont œuvré à préparer la charpente du centre communautaire ou à peindre des murs et des escaliers, l'abbé Sauvageau a mis à profit ses talents de jardinier. Debout à 5 heures, il montait dans un camion une heure plus tard et arrivait sur place à 7 heures. Jusqu'à 16 heures, la journée n'était entrecoupée que par le repas du midi.
L'abbé Claude Sauvageau a aussi présidé des célébrations eucharistiques et assisté d'autres prêtres.
«Ce sont des gens d'une générosité incroyable», affirme-t-il au sujet des Salvadoriens avec qui le contact a été une incroyable source de joie. Ces personnes vivent dans une pauvreté extrême. Il se souvient qu'une dame n'ayant que deux poules a quand même tenu à lui offrir quatre œufs. À un autre endroit, les hôtes ont tué une poule, l'ont fait cuire et ont ensuite regardé leurs invités manger.
Le niveau de vie est peu élevé. Par exemple, les quatre travailleurs salvadoriens rémunérés (la vingtaine d'autres étant bénévoles) recevaient un salaire quotidien de 10$.
«Mais je n'ai pas rencontré des gens malheureux. Ils avaient le sourire et dégageaient le bonheur», dit M. Sauvageau. Il a pu rencontrer le visage de Dieu en eux. «Ça nous remet en question sur nos valeurs», ajoute-t-il.
Il a été impressionné par les dizaines de personnes marchant durant une, deux ou trois heures pour se rendre assister à une messe à la chapelle. Ce sont des gens à l'état naturel qui sont restés proches de la nature et du Créateur.
Ce fut un séjour enrichissant.
Les personnes désirant imiter son geste (un crédit d'impôt est accordé pour les dépenses de voyage), tout en vivant une immersion en espagnol, peuvent se manifester sur le site www.missionelsalvador.org. L'abbé Sauvageau peut aussi fournir des détails (450 836-4289).




