Le maire René Laurin et son équipe gèrent bien la ville de Joliette depuis qu’ils sont en poste. Ils ont adroitement mené les gros dossiers (Bibliothèque Rina-Lasnier, réfection du centre-ville et des égouts, entente avec la SQ pour le service de police, accueil du centre de services de Vidéotron) et ont su assurer aux citoyens des services de proximité efficaces. À Joliette, le déneigement des rues et trottoirs se fait avec célérité, la collecte des ordures ne pose pas de problèmes –qu’on me permette, ici, de saluer le cœur au ventre des éboueurs qui font un métier ingrat mais ô combien essentiel-, les parcs sont beaux et bien entretenus et le service des loisirs est avenant (j’en ai eu la preuve, dernièrement). On peut donc se réjouir du fait que presque toute cette équipe se présente de nouveau aux élections municipales du 1er novembre prochain.
On apprenait, la semaine dernière, que Laurin et les siens auront quelques adversaires. Ce n’est pas une mauvaise nouvelle, car il n’est pas sain que la démocratie municipale ait lieu en l’absence d’opposition. Imaginerait-on un gouvernement national qui détiendrait tous les sièges d’un parlement? On craindrait, alors, l’abus de pouvoir. En cas de dérapage, qui pourrait tirer la sonnette d’alarme? La démocratie s’accommode mal de l’unanimité ou de l’indifférence et a besoin du regard critique de l’opposition pour demeurer en santé. La candidature de Bernard Gagnon, cela dit, n’apparaît pas très menaçante pour le maire Laurin, mais une campagne réserve parfois des surprises.
Ailleurs dans la région, on annonce des luttes dans presque toutes les municipalités. À Saint-Charles-Borromée (SCB), il semble que le maire Hénault et son équipe seront reconduits au pouvoir sans opposition. Ce ne sera pas le cas, à Notre-Dame-des-Prairies (NDP), de l’équipe du maire Alain Larue. Ce dernier, d’ailleurs, aurait pu nous épargner ses tergiversations estivales au sujet de sa retraite. Quand on dit qu’on part, on part. Sinon, on se tait. Ça évite aux éventuels remplaçants de perdre leur temps. Le retour du maire hésitant, finalement, devra se faire par la grande porte puisque Clairette Casaubon lui contestera son poste. Il y aura aussi des luttes dans la majorité des districts de NDP.
Cet automne électoral lanaudois animé est rassurant quand on considère que plusieurs municipalités québécoises connaissent une anémie électorale. En 2005, dans toute la province, 55% des candidats à la mairie et 61% des conseillers municipaux ont été élus par acclamation. Là où des luttes ont eu lieu, elles n’ont pas souvent passionné les citoyens qui ne sont allés voter que dans une proportion de 45%.
La démocratie municipale est fragile. Comme elle n’oppose pas les idéologies tranchées qu’on retrouve sur le plan national (péquistes/libéraux, conservateurs/libéraux), il est normal qu’elle suscite moins les passions. Quand une équipe travaille bien, au palier municipal, on se demande au nom de quoi il faudrait la remplacer. Dans de petits milieux, de plus, il n’est pas toujours facile de se présenter officiellement contre des gens qu’on côtoie régulièrement. Aussi, pour redynamiser cette démocratie locale, il faudrait peut-être songer à des voies originales (participation citoyenne à la détermination d’une partie du budget, par exemple) qui permettraient l’expression d’une forme d’opposition sans passer par la voie électorale, qui reste bien sûr nécessaire.
Il faut souligner, à ce titre, l’initiative de SCB, qui a invité un jeune citoyen à participer à son Comité consultatif d’urbanisme, et celle de l’Équipe Major, à Rawdon, qui a eu la bonne idée de se doter d’une aile jeunesse. Les jeunes (18-34 ans) votent peu et sont sous-représentés au palier municipal (2% des maires et 9% des conseillers sont dans ce groupe d’âge). Leur donner ainsi une voix au sein d’une équipe est une manière originale de les faire participer à la vie politique municipale et de préparer la relève.
Louis Cornellier
louisco@sympatico.ca
Pour une démocratie municipale en santé
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Commentaires
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- Anne-Marie Cordeau
- - 18 Mai 2010 à 09:10:38
Bravo pour cet article. Effectivement il faut du changement et des nouvelles idées. L'immobilisme actuel de certains détruit la confiance qu'a le citoyen envers ses élus. Un bon exemple d'une campagne d'idée novatrice: http://www.annemariecordeau.com http://www.annemariecordeau.com/anne-marie-cordeau/faire-equipe-avec-la-population/ http://www.annemariecordeau.com/anne-marie-cordeau/elections-municipales-sainte-melanie-anne-marie-cordeau/




