La mairesse de Rawdon se dit très heureuse de l'émission d'une injonction forçant le retrait d'un forum de discussion véhiculant des propos apparemment diffamatoires à son endroit, à celui du directeur général, Jean Lacroix et de la Municipalité de Rawdon.
Elle se dit d'autant plus heureuse que ce jugement vienne baliser l'utilisation d'Internet juste avant que des campagnes électorales municipales s'amorcent à la grandeur du Québec. Il pourrait avoir pour effet de calmer les ardeurs de ceux qui voudraient diffamer en se cachant derrière des pseudonymes, ajoute-t-elle.
Madame Major espère aussi que la cause ait une influence auprès des jeunes qui se livrent à de la cyberintimidation. Elle cite à cet égard le cas de David Fortin, porté disparu depuis plusieurs mois après avoir fait l'objet de railleries et d'intimidation sur Internet.
La mairesse poursuit que les administrateurs municipaux ne sont pas les seuls à avoir souffert de cette histoire. Ces propos diffamatoires ont eu une incidence sur nos familles. « Les proches sont grandement affectés et ça peut durer longtemps » ajoute-t-elle.
Mme Major estime que ce jugement fera jurisprudence, car il établit qu'Internet est un média et qu'il doit être jugé comme les autres médias au plan de la diffusion de propos diffamatoires. Elle espère qu'il aura un effet dissuasif sans pour autant empêcher l'opposition de s'exprimer.
Réaction des intimés
La plupart des intimés n'ont manifesté aucune réaction suite à la décision. L'action a bien tenté de rejoindre certains d'entre eux, mais seul Richard Prud'homme a répondu à l'appel du journal. Celui-ci mentionne simplement qu'à ses yeux, le plus important, c'est que la cause soit finalement entendue sur le fond. Pour lui, le jugement rendu ne fait que prolonger l'injonction déjà en place.
Pour sa part, le procureur de trois des intimés, Me Patrick Jean s'est limité à dire qu'il étudiait avec ses collègues l'opportunité de déposer une demande pour la permission d'en appeler du jugement.




