Des conditions inhumaines
Stéfanie a été blessé à l’épaule lors de son arrestation. «Ils se sont mis à cinq sur moi», raconte la jeune fille qui pèse à peine 100 lbs.
Les trois jeunes arrêtés au G20 racontent leur histoire traumatisante.
C’est avec beaucoup de difficulté et les larmes aux yeux que Stéfanie Roy-Lajoie, Alexis Morin et Marc-andré Roy racontent les conditions dans lesquelles ils ont été détenus. «J’ai du mal à croire que ça m’est réellement arrivé, confie Stéfanie. Nous avons été enfermés dans des cages et traités comme des animaux.» Durant le trajet vers le Toronto Film Studio, où un centre de détention provisoire avait été mis en place, Alexis, qui comprend quelques mots d’anglais, tente de déchiffrer ce que les policiers se disent. À un moment, il réalise avec inquiétude que les agents discutent de la possibilité de lui casser une jambe et de le laisser partir. Une fois à l’intérieur, les trois jeunes découvrent avec stupéfaction les rangées de cages qui s’alignent devant leurs yeux. À l’intérieur, la température ambiante est d’environ 10 degrés Celsius, le plancher est en béton et la plupart des détenus sont très peu vêtus. Il n’y a pas de lits, pas de couvertures et pas de porte devant les toilettes. Les détenus sont très peu nourris et ils doivent crier durant des heures pour avoir droit à un verre d’eau. «Ce qui a été le plus dur, affirme Stéfanie, c’est de ne pas savoir et d’attendre constamment. Les policiers nous disaient: Oui, oui, je vais t’apporter ton verre d’eau ou bien : Oui, tu vas pouvoir voir un avocat. Mais, les heures passaient et…rien!» Ce dont elle se souvient surtout, c’est du sentiment d’humiliation qu’elle a ressenti. «Les filles avaient très froid alors elles se couchaient en cuillère pour se réchauffer, mais les policiers riaient de nous et quand on pleurait, ils nous ridiculisaient. Ça m’arrive de me réveiller la nuit et d’avoir l’impression que je suis encore là-bas», confie la jeune femme. Stéfanie a également subi deux fouilles à nu. Durant l’une d’entre elles, des officiers de sexe masculin son entrés sans gêne. Alexis, Marc-André et Stéfanie, qui n’ont pas un look très conventionnel, sont convaincus d’avoir été victimes de profilage racial et social. «Nous étions stationnés devant une banque de Montréal et nous portions des chandails où il était inscrit "Fuck G20". Mais, nous n’avons rien fait de mal», soutient Alexis. Tous trois éprouvent beaucoup d’appréhension face à la suite des événements. «Lors de notre libération, on nous a fait signer des papiers, mais ils étaient en anglais, explique Marc-André. En fait, je n’ai aucune idée de ce que j’ai signé et ça me fait vraiment peur», avoue-t-il.
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