Pouvez-vous imaginer qu'en 2010, on puisse mourir faute de soins au Québec ? Avec les problèmes que connaît notre système de santé, on pouvait bien se douter qu'à travers les urgences débordantes, les doubles chiffres des infirmières, les infections nosocomiales, il devait bien se glisser quelques décès. C'est plus difficile à prouver car généralement, d'autres causes que la maltraitance peuvent être évoquées.
Cette semaine, deux tragédies ont fait la une des médias et pour une fois, ce sont les failles du système qui sont en cause. Le 22 février, Mariette Fournier mourait déshydratée après quatre jours abandonnée à l'urgence de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont. Samedi de la semaine dernière, c'était au tour de Jean-Guy Pitre de mourir, lui qui attendait pour une opération au cœur depuis septembre dernier. On apprenait alors que des milliers de Québécois faisaient partie d'une liste d'attente hors délais.
Au début de cette semaine, les quotidiens rapportaient le cas de Pierre Latulippe qui a vu l'opération qu'il doit subir être reportée dix fois en quelques mois.
Ce sont 23 500 Québécois qui attendent toujours une opération alors que les délais qu'a fixés le gouvernement sont largement dépassés.
Une visite à l'hôpital suscite maintenant la crainte de mourir. On s'habitue à tout à force de côtoyer l'horreur, si bien que l'intolérable semble devenu acceptable. Il se produit des incidents dignes d'un pays du tiers-monde et comme dans les républiques de bananes, les politiciens tentent de trouver des excuses, mais n'agissent pas.
Alors que le premier ministre Jean Charest rêve de financer la réalisation d'un TGV sur le territoire américain, le Québec n'est même plus en mesure de fournir les soins de base à sa population.
Ce n'est pas un problème nouveau puisque déjà en 1973, le problème des urgences qui débordent était d'actualité. Sous le règne de Robert Bourassa, on parlait de médecine de guerre. Il s'est écoulé 37 ans depuis. Les gouvernements successifs de René Lévesque, Pierre-Marc Johnson, Robert Bourassa, Daniel Johnson, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry ont tous failli à la tâche. Jean Charest s'est présenté, en 2003 avec le thème de la santé comme « première priorité ». Il s'engageait à éliminer l'attente une fois pour toutes. Sept ans plus tard, la situation est pire que jamais. Le premier ministre fait preuve d'une démagogie de bas étage en expliquant les déboires du système de santé par les mises à la retraite effectuées par le gouvernement Bouchard. Ça fait si longtemps que les libéraux sont au pouvoir, qu'il n'y a probablement plus de retraités anticipés de l'époque qui n'auraient pas atteint aujourd'hui l'âge de la retraite.
Certains trouveront que j'exagère, mais dans des cas comme ceux cités plus haut, on peut pratiquement parler de non-assistance à personne en danger. Si ça se produisait en dehors d'un hôpital, ça pourrait valoir des accusations criminelles. Je vous l'ai dit que j'exagérais, mais ça fait du bien.
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, n'est évidemment pas personnellement responsable de ces tristes événements. Néanmoins, j'estime qu'il a suffisamment démontré qu'il n'est pas l'homme à occuper une fonction aussi stratégique. Il lui a fallu deux jours avant de réagir à ces événements. On s'attendrait d'un ministre de la Santé qu'il donne l'image de quelqu'un en pleine possession de ses moyens. C'est tout le contraire qu'il dégage. Il affiche un air de chien battu et s'adresse à la presse sur un ton hésitant et la plupart du temps, il doit revenir pour préciser sa pensée. Son prédécesseur n'était sans doute pas meilleur gestionnaire, mais il était bien meilleur communicateur.
Monsieur Charest qui réclamait d'avoir les deux mains sur le volant devrait peut-être surveiller sa pédale d'accélération. Partisan de la méthode Toyota, son ministre pourrait lui faire prendre le champ.
André Nadeau
Médecine du tiers-monde
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Commentaires
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- nelson chaput
- - 18 Mai 2010 à 09:10:40
entendu cette semaine dans tous les medias....la fameuse question....comment se fait-il que durant la pire crise de grippe (H1N1)...au début de l'hiver.....que les urgences fonctionnaient beaucoup mieux que maintenant....????? réponse ..le gouvernement avait dégagé des budgets de plus... maintenant que le crise est derrière nous.....bah....!!!!
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- nelson chaput
- - 18 Mai 2010 à 09:09:56
entendu cette semaine dans tous les medias....la fameuse question....comment se fait-il que durant la pire crise de grippe (H1N1)...au début de l'hiver.....que les urgences fonctionnaient beaucoup mieux que maintenant....????? réponse ..le gouvernement avait dégagé des budgets de plus... maintenant que le crise est derrière nous.....bah....!!!!




