À ses compétences à titre de plombier et de cycliste, Rémi Lafrenière, vient d'en ajouter une autre, conférencier-motivateur.
Les 41 nouveaux boursiers étudiants de la Caisse Desjardins de Joliette ont été parmi les premiers, mercredi dernier, à découvrir ce phénomène de persévérance pas reposant d'autant plus que son débit de voix nous fait penser à l'humoriste Louis-José Houde.
Rémi Lafrenière a découvert le cyclisme par accident. «À 17 ans, j'ai perdu mon permis de conduire. Je venais de commencer à travailler pour un entrepreneur de Charlemagne que j'appréciais. Je lui ai promis que je continuerais à respecter nos rendez-vous à 6 h 30 du matin. Ces 42 kilomètres, 84 par jour en fait, je l'ai ai fait même si ces trois mois se sont terminés en hiver.»
Le Lanaudois s'est ensuite offert des vacances en vélo en Gaspésie, a pédalé en solo jusqu'à Vancouver, puis a planifié son tour des Amériques. «Je quittais ma bien-aimée, une belle job alors que tous me disaient de me méfier des mauvais conducteurs. En partant, j'ai pleuré beaucoup. Plus j'avançais, plus je me suis rendu compte que dans la vie, les conditions «optimales» n'existent pas. Que ce soit à l'école ou dans la vie, il faut toujours donner le meilleur de soi-même.»
Rémi Lafrenière appuyait ses propos d'une série de photos à faire rêver. Il y a bien sûr les grands espaces en Alaska et ce désert au Chili. La scène qui a eu le plus d'impact présentait son vélo calé dans une mer de boue.
«Je m'étais fixé comme objectif 200 km par jour. Il m'est arrivé d'en rouler jusqu'à 349 (soit Joliette/La Malbaie) mais dans la boue ou dans la neige, face parfois à des vents violents, je n'avais d'autre choix que de marcher à côté de mon «bécik». Je progressais alors de 50 km par jour.»
Même s'il a roulé le long de plus belles plages de la Californie et du Brésil, le cycliste n'a pas pris le temps de s'y baigner à cause de l'horaire qu'il s'imposait. «Je prenais la route au lever du soleil et je n'arrêtais souvent qu'à 20 heures. Au début, je ne parlais ni l'espagnol ou le portugais. Pour me faire comprendre, je mimais ce que je désirais.»
Un appareil de positionnement GPS a permis à des centaines d'internautes de suivre, d'heure en heure, cette aventure qui s'est terminée le 21 mai à Sainte-Marcelline.
Des projets, Rémi Lafrenière, en a plein la tête. Pour l'heure, le résidant du secteur Sainte-Foy vient de se joindre à une équipe de canot à glace. On le retrouvera donc cet hiver à la compétition Québec-Lévis.
