Chaque année, la MRC Joliette produit plusieurs centaines de milliers de tonnes de matières résiduelles. Les entreprises aux prises avec ces déchets doivent trouver un moyen de s'en débarrasser. Mais qu'arriverait-il si ces matières pouvaient être vendues?
Lanaudière Économique, en collaboration avec le Centre local de développement Joliette (CLD), mettra sur pied, d'ici la fin de 2011, une banque de résidus industriels qui sera accessible via une plateforme web. Le but de ce projet est de créer un réseautage entre entreprises de la région qui pourront s'échanger leurs matières résiduelles. Il s'agit d'une première au Québec. «Les résidus des uns sont peut-être la richesse des autres», dénote le président du CLD Joliette, Pierre Delangis.
Écologique et économique
Une étude, menée par le Centre de transfert technologique en économie industrielle (CTTÉI), conclut que, chaque année, plus de 10 000 tonnes de matières résiduelles recyclables ou valorisables sont acheminées à l'enfouissement. Le CTTÉI y va de plusieurs pistes de solutions pour réutiliser localement ces déchets et, ainsi, favoriser le développement économique de la région.
L'étude révèle notamment que plusieurs entreprises sont obligées de faire appel à des récupérateurs privés pour se débarrasser des fibres de papier/carton puisque les bacs fournis par la collecte sélective sont insuffisants pour les volumes générés. Le rapport du CTTÉI suggère de profiter de la présence de Kruger, producteur de papiers, pour valoriser cette matière dans la région.
Certaines entreprises ont déjà ce genre d'entente. C'est, par exemple, le cas des ébénisteries Visitation et Claude Goyette, dont les copeaux de bois produits sont utilisés comme litière animale dans une ferme avoisinante.
Des entreprises conscientisées
Bridgestone Canada inc.et Produits Kruger ltée produisent ensemble 86% du gisement total de matières résiduelles. Ce sont les deux entreprises qui produisent le plus de déchets dans la région. Kruger génère 83 000 tonnes métriques de boues par année et Brigestone 3 600 tonnes métriques de résidus de caoutchouc par année. Ces deux matières sont cependant entièrement valorisées par les entreprises. Le rapport mentionne justement que les entreprises de la MRC de Joliette sont déjà «conscientisées aux différentes problématiques environnementales inhérentes à la production de déchets et posent des actions concrètes de valorisation de ces derniers.»
Pour une valorisation locale
Les matières résiduelles de Brigestone et de Kruger ne sont cependant pas toutes valorisées localement. Seulement une partie du flux engendré est utilisé dans la région, notamment par la cimenterie Holcim qui en utilise et en transforme une partie. Le CTTÉI soutient, dans son rapport, que les déchets de ces deux compagnies représentent des opportunités d'affaires dont la région aurait intérêt à tirer profit. «En plus de contribuer à l'économie locale, ces actions seraient profitables aux deux entreprises en réduisant les coûts d'impact environnemental associés au transport des matières», est-il écrit.
Lanaudière Économique ne sait pas encore quelle forme prendra la banque de résidus ni quand, exactement, le site web sera en fonction. «La première étape, ça va être de forcer des rencontres entre donneurs et receveurs pour explorer les possibilités», explique Jean-François Héneault, responsable du projet.
Au total, 26 écoles et 55 entreprises de la MRC ont accepté de participer à l'étude pour aider le CTTÉI à dresser un portrait global de la gestion des matières résiduelles sur le territoire. Lanaudière Économique et le CLD Joliette mentionnent qu'il s'agit là du meilleur taux de participation dans Lanaudière où des études du même genre ont été menées dans les autres MRC.




