L'agriculteur Jean Parent s'est fait un nom grâce au sirop, pain de sucre et la tire d'érable qu'il vendait sur la Place du marché à Joliette.
En 1960, la cabane à sucre est déménagée près de la route 343. La première salle à manger peut accueillir 30 personnes. Aujourd'hui, 300 personnes peuvent y être servies en même temps.
D'abord épaulé par son épouse, Réjeanne Tellier, et leurs 11 enfants, dont huit filles, tous les neveux et nièces, conjointes et conjoints seront, au fil des ans, recrutés pour relever ce beau défi. La relève est présentement assurée par Johanne, Francine et leur frère Louis-Charles Parent.
«J'avais, raconte Johanne, à peine dix ans lorsque j'ai commencé. Mon père m'avait assigné à servir une table. Un client m'a donné deux dollars de pourboire. Deux dollars ! Dans ce temps-là , un repas de cabane coûtait 2,75 $.»
«Nous avons été, confie Francine Parent, les premiers à embaucher des groupes traditionnels comme La vesse du loup, Hommage aux aînés et le Sainte-Cécile Blues band.»
Le repas, soulignent fièrement les Parent, est patiemment préparé sur place sur un grand poêle à bois. Question santé, il n'y a plus de petits cubes de lard dans la soupe aux pois. Les fèves au lard sont aussi moins grasses qu'avant.
L'entrée de cretons est accompagnée de pain acheté d'une boulangerie artisanale et, au chapitre des desserts, on peut garnir les crêpes de sucre à la crème chaud.
Plusieurs Chinois et Japonais ont fait connaissance avec nos traditions chez Jean Parent. Comme ils aiment la nourriture sucrée, ils sont vraiment ravis. Les Français, indique Johanne Parent, sont aussi de très bons clients qui repartent en s'achetant du sirop et du beurre d'érable.
2010 a été une excellente saison. Que souhaiter pour 2011 ? «Pas de tempête de neige ou de verglas. Les clients se décommandent alors par centaines», dit Louis-Charles Parent.
Le prix exigé pour une soupe et quelques «binnes» est considéré exagéré par certains. «Nous avons moins de deux mois pour rentabiliser nos opérations. De plus, même si nous achetons beaucoup de jambon, nous n'avons pas droit aux rabais des supermarchés», soutient Francine Parent.
Opérer en cabane à sucre est exigeant et exténuant. «C'est aussi une expérience de travail incroyable. Côté réseautage, on ne peut demander mieux», répondent-ils à l'unisson.
Combien de temps encore seront-ils au rendez-vous ? «On n'en voit pas la fin!» répond sereinement Louis-Charles Parent.
