«Selon les statistiques, il n'y a pas de portrait type à définir de la femme battue. Le seul fait d'être une femme l'expose à cette violence. Par contre, les hommes violents ont tous en commun une volonté marquée de dominer», explique-t-elle d'emblée, ajoutant: «Du côté de ces hommes, on pourrait considérer comme un facteur de risque d'avoir grandi dans un milieu dysfonctionnel. Cependant, il importe de demeurer prudent puisque le lien corrélationnel n'est pas prouvé, et que beaucoup de petits garçons subissent présentement ce fléau. Peut-on les vouer à recréer le climat dont ils souffrent? Il ne faut pas nourrir de mythe.»
Les données compilées entre 1997 et 2007 par l'organisme démontrent que, sur les 24 015 appels reçus, 281 ont été faits par des hommes demandant de l'aide. Repentir? «Quelques un vivent une prise de conscience sérieuse. Malheureusement, ils sont minoritaires, la plupart des demandes de soutien découlant d'un conseil d'un avocat pour un programme de soutien. Ce n'est souvent que parce qu'ils font face à la justice», souligne Mme Thibaudeau. Manipulateurs, ces hommes ne se sentiraient "vivants" que dans une relation de domination, interprétant l'affirmation de la conjointe par un affront. «Il n'est pas question ici d'amour, mais de pouvoir. La violence a pour eux des avantages très concrets, au quotidien. Il ne s'agit pas d'une perte de contrôle, mais bien d'un choix de comportement de leur part», soutient la coordonnatrice.
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Dans ce genre de relation, plus la femme est engagée, plus l'homme exerce son contrôle par la violence. Les préjugés face à ces victimes demeurent tenaces, du stéréotype de la "niaiseuse" à celui du "masochisme". La honte que ces femmes ressentent est donc vivace, et les confidences, rares. Face à l'impuissance des tiers témoins de la situation, on conseille à ceux-ci de demeurer près de la victime en figure de respect et de disponibilité, afin d'assurer sa sécurité et un lien de confiance. L'isolement accroit la fragilité de la victime. «La personne qui nous appelle n'a pas besoin d'être sûre de quitter son conjoint. Nous sommes là tant pour donner de l'information que pour gérer une crise de première ligne», mentionne Mme Thibaudeau. Situé à Montréal, l'organisme sert de base de références pour tous ceux en demande, dans un rayon provincial. Entre autres, les besoins sont évalués afin de déterminer, s'il y a lieu, vers quelle ressource envoyer la victime. Veut-elle s'éloigner du conjoint le plus loin possible? A-t-elle des enfants? De plus, S.O.S violence conjugale réfère les hommes violents vers les thérapies appropriées. Pour plus d'informations: www.sosviolenceconjugale.ca
