Celui qui œuvre au Centre hospitalier régional de Lanaudière (CHRDL) et à Saint-Donat n'en est pas à sa première mission humanitaire. Il s'est rendu au Pérou, en Tanzanie, et plusieurs fois en sol indien.
Il explique avoir précédemment établi un dispensaire dans l'Himachal Pradesh, au nord de Delhi. Il y soignait principalement des réfugiés tibétains. «Depuis un an et demi, des dentistes de la Pologne utilisent l'équipement laissé sur place. En sachant qu'il y a de la continuité, je peux laisser partir mon bébé avec l'esprit tranquille», soutient le Dr Philippe Martin.
Il a donc décidé de s'impliquer dans un nouveau projet, toujours avec Dentistes sans frontières. Du 14 avril au 5 mai, il s'est rendu dans la région himalayenne de Darjeling, au nord de Calcutta, où la majorité des citoyens sont bouddhistes.
«La communauté, c'est sensiblement la même, dit-il. Ce sont des peuples qui ont des rituels le matin. Le brossage de dents, ils connaissent, mais leur alimentation a beaucoup changé avec l'arrivée des aliments transformés. Quand les gens quittent leur village et qu'ils reviennent, ils ont les dents plus abîmées.»
Le Dr Philippe Martin et ses confrères de Saint-Donat, soit Johanne Bernard, Isabelle Lacoste et Marc Lussier, ont prodigué plus de 300 traitements aux 600 citoyens examinés. Pour ce faire, ils ont reçu l'aide de trois autres dentistes et de deux hygiénistes dentaires.
«Nous avons effectué des plombages, des extractions et avons fait de l'enseignement en lien avec l'hygiène buccale», précise le dentiste lanaudois.
Celui-ci envisage de retourner en Inde en décembre pour organiser le local et apporter de l'équipement, le tout en vue de la prochaine mission qui doit avoir lieu en avril 2012.
Pour M. Martin, ces séjours sont plus que des voyages. Ce sont des leçons de vie. «J'en reçois beaucoup plus que ce que je donne», dit-il.
Il aime la dynamique entourant la relation d'aide qui, dans ce pays, fait abstraction des questions financières.
«L'élément que je trouve plate avec la dentisterie, c'est qu'il faut que les gens paient. Là-bas, il n'est pas question de sous. C'est la base du métier que j'ai choisi quand j'étais très jeune», fait-il valoir.
