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Violence conjugale: la SQ sur le terrain

Le sergent Benoit Richard se prête à l'entrevue sur la réalité des policiers Photo archives

Le sergent Benoit Richard se prête à l'entrevue sur la réalité des policiers

Anne-Marie Duquette
Publié le 18 Février 2012
Publié le 17 Février 2012
Anne-Marie Duquette  RSS Feed

En matière de violence conjugale, la Sûreté du Québec (SQ) est le plus souvent associée au meurtre dans les médias. Son travail sur le terrain, au quotidien, est généralement méconnu dans ce type d'agression. À cet effet, le sergent Benoit Richard se prête à l'entrevue sur la réalité des policiers dans ces cas particuliers.

Sujets :
SQ , CAVAC , Statistiques Canada , Centres

«Il y a trois façons pour la victime de nous rejoindre, soit par le 911 en urgence, soit en se présentant directement au poste de police, ou en passant par un organisme», explique d'emblée le sergent. Les premières minutes sont cruciales, se vivent sous de multiples facettes. Le travail de l'agent en place est d'identifier et d'arrêter le suspect, toujours en vertu du Code criminel. «La violence conjugale, en soi, n'est pas un crime en vue de la loi. Ce sont tous les actes qui y sont liés, dont voie de fait, qui s'intègrent dans sa définition», souligne M. Richard.

Parfois, la situation est claire: «Si la femme est blessée, que l'homme l'engueule, qu'il y a des objets brisés, le suspect est immédiatement arrêté, et la victime est retirée et envoyée vers un centre d'hébergement», mentionne le sergent, avant d'ajouter: «Par contre, il y a des situations plus ambiguës comme la violence verbale. Mon travail est alors d'apporter la sécurité, et de lui conseiller fortement de demander de l'aide auprès d'un organisme approprié.»

Des scènes de violence explicites, des saisies d'armes sur les lieux, des lésions physiques visibles, sont autant d'éléments de preuve qui jouent en défaveur du criminel. Cependant, quoique la SQ puisse maintenir sa plainte, la victime peut toujours retirer la sienne. M. Richard spécifie: «Même si nous avons toutes les raisons de croire qu'il y a eu un crime, la victime peut se rétracter. Mais les gens du milieu ne sont pas dupes, qu'ils soient du communautaire ou du réseau de la santé, et veillent à assurer un suivi.» Face aux critiques du public, le sergent s'exprime: «Nous avons beaucoup de formation continue, d'ententes multisectorielles. Nos normes sont strictes, toujours dans le but d'améliorer l'intervention post-traumatique.»

Les policiers informent également la victime de ses droits et des étapes du processus judiciaire: «Nous lui expliquons la sentence ou les conditions de mise en liberté du suspect, en fonction de la décision du juge», souligne le sergent. À ce sujet, les Centres d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC) sont d'un soutien appréciable, puisque leurs intervenants accompagnent la victime dans ce type de démarches. Un protocole d'entente a d'ailleurs été conclu entre la SQ et les divers CAVAQ.

Les données statistiques ne sont pas aisées à compiler. Selon le sergent, la victime fera appel à la SQ souvent pour violence physique ou verbale. Dans les cas de violence psychologique, sexuelle ou de domination financière, la personne va vers le réseau communautaire. Toutefois, selon Statistiques Canada, 61 % des victimes avaient déjà subi plus d’un incident violent de la part de leur partenaire avant de demander l’intervention de la police, 84 % des victimes de violence conjugale sont des femmes, et seulement 36 % des ces victimes dénoncent leur situation à la police.

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